Coupable d’homicide involontaire: la poursuite réclame 14 ans de pénitencier pour Daniel Daoust

Justice. Le ministère public demande au tribunal de prononcer une peine de 14 ans de détention contre Daniel Daoust, 59 ans, trouvé coupable d’homicide involontaire pour avoir causé la mort d’Erick Huot, le 25 août 2021, à Clarenceville.

Considérant la détention préventive de près de 11 mois, comptabilisée à raison de 1,5 journée pour chaque jour purgé, et la thérapie fermée de six mois suivie par l’accusé, la défense plaide plutôt pour une peine de détention dans la communauté, soit une sentence d’au plus deux ans moins un jour. Elle laisse au juge le soin d’en déterminer la durée. Si le juge décidait de prononcer une peine de détention ferme dans un établissement provincial, la défense suggère 18 mois. L’accusé préfère toutefois purger sa peine au pénitencier en raison des services offerts.

La Couronne soustrait aussi la détention présentencielle de la peine demandée. Le dossier a été reporté au 10 décembre pour que soit déterminée la date d’imposition de la peine.

La preuve

La preuve a révélé que la victime était décédée à la suite d’une altercation avec l’accusé qui a utilisé un manche en métal pour le frapper à la tête à plusieurs reprises. Les événements se sont produits dans le garage attenant à la maison où résidait Daoust, sur la rue Manon, à Clarenceville. Le mobile de l’attaque demeure inconnu. L’accusé et la victime étaient seuls sur les lieux du drame. Les deux amis avaient consommé beaucoup d’alcool et de cocaïne.

Après avoir prononcé un verdict de culpabilité en décembre 2024, le juge avait ordonné l’incarcération de Daoust dans l’attente de l’imposition de la peine.

Homicide involontaire

Comme il a été fait état lundi, au moment des observations sur la peine, il est convenu de diviser en trois catégories de gravité les crimes d’homicide involontaire. Il y a ceux qui s’apparentent à des quasi-meurtres et commandent des peines allant de neuf ans à la détention à perpétuité. La poursuite place le geste de Daoust dans cette première catégorie.

Il y a les actes pour lesquels le risque d’infliger des blessures graves, voire la mort, est prévisible. Les peines sont généralement de cinq à neuf ans de réclusion.

Enfin, il y a les gestes qui se rapprochent plutôt de la négligence criminelle et même de l’accident et pour lesquels les accusés obtiennent un sursis de peine jusqu’à cinq ans de pénitencier. La défense estime que le cas de Daoust entre dans cette dernière catégorie.

Violence

Me Clémence Giroux, procureure de la poursuite, retient comme facteur aggravant la conduite de l’accusé dans les jours précédant le crime alors qu’il était sur le party avec la victime.

Elle a souligné le caractère violent des gestes posés par l’accusé qui a frappé la victime au moment où elle se trouvait au sol. L’étude des projections de sang sur la scène de crime a permis de reconstituer la séquence de l’attaque. Daoust était l’agresseur, a dit la procureure.

La Couronne note aussi que l’accusé a utilisé une arme pour frapper la victime qui était vulnérable compte tenu de son état d’intoxication. L’autopsie a révélé la présence de 14 zones d’impact à sa tête pour au moins autant de coups portés sans compter les blessures de protection apparaissant à l’avant-bras de la victime qui a paré d’autres coups.

Me Giroux a rappelé le comportement de l’accusé après avoir asséné les coups à Huot. Il n’a pas appelé les secours. Il a plutôt laissé la victime gisant au sol, a verrouillé la porte du garage et s’est enfui en auto chez son beau-frère.

Parmi les autres facteurs aggravants, il y a les condamnations antérieures de l’accusé depuis 1986 pour des infractions de conduite avec les facultés affaiblies et de conduite dangereuse, dont une ayant causé des lésions. Si le tribunal doit tenir compte de la thérapie suivie par l’accusé, la Couronne fait observer qu’il aura fallu le décès de son ami -Huot pour que l’accusé se décide à suivre une thérapie dans un centre fermé.

Défense

Lors de son témoignage, Daoust s’est plaint avant tout de ses ennuis de santé. Il n’a pas eu une parole pour la victime et la famille de Huot. Il n’a pas exprimé de regret ou de remords, a relevé la procureure.

Me Richard Prihoda, avocat de la défense, a répliqué que son client avait exprimé des regrets lors de son témoignage au procès.

Au sujet des événements survenus depuis maintenant plus de quatre ans, l’avocat a parlé d’aventure commune de deux hommes intoxiqués qui s’est malheureusement terminée par le décès de l’un d’eux.

La défense a insisté sur les bienfaits de la thérapie suivie par son client. Ce n’est pas le même homme qu’au moment des événements, a répété Me Prihoda durant sa plaidoirie. Les enfants de l’accusé ont témoigné avec beaucoup d’émotions en mentionnant qu’ils ont retrouvé le père de leur enfance, présent et attentionné.