Crise du logement: la situation des aînés plus précaire que jamais, selon l’AQDR
Aînés. En cette période de l’année de grand déménagement pour un grand nombre de personnes, l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR) s’inquiète de la précarité grandissante des aînés en contexte de crise et pénurie de logements.
« On doit urgemment trouver des solutions à la crise du logement. Les prix des loyers sont exorbitants et ce sont les aînés les plus vulnérables qui sont les plus touchés par les pratiques de rénoviction et de hausse de loyer », soutient le président de l’AQDR, Pierre Lynch.
Itinérance
La situation a pris une telle ampleur que l’itinérance chez les aînés est en croissance, selon l’AQDR.
Des statistiques du ministère de la Santé et des Services sociaux révèlent qu’en 2022, les 50-64 ans représentaient 20 % de la population totale du Québec, mais 29 % des personnes en situation d’itinérance.
Une pauvreté persistante qui aggrave la situation
Selon les données de l’Observatoire québécois des inégalités, la moitié des personnes aînées au Québec disposaient d’un revenu annuel inférieur à 30 900 $ en 2022, soit tout juste le seuil de pauvreté établi par l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS). De plus, 27,6 % des aînés n’avaient aucun revenu provenant d’un régime de retraite privé ni de placements, révèle l’AQDR.
Ces constats sur le faible revenu d’une tranche importante d’aînés ont un impact sur leur capacité à se loger. En effet, 53 % des ménages aînés à faible revenu consacrent plus de 30 % de leur revenu à leur logement, ce qui les force souvent à faire un choix déchirant entre entre se loger, se nourrir ou se soigner, souligne l’AQDR.
Des mesures réclamées
« Le gouvernement doit reconnaître que la pauvreté et l’isolement vécus par des centaines de milliers d’aînés ne peuvent être réglés par des mesures ponctuelles. La crise du logement a des impacts disproportionnés sur eux et nous avons besoin que cet état de fait soit nommé, reconnu et que des mesures ambitieuses et pérennes soient mises en œuvre pour répondre aux besoins spécifiques des aînés en matière de logement », conclut M. Lynch. (M.-A. C.)
