Atteint de la maladie de Lyme: un résident de Saint-Rémi doit se faire traiter aux États-Unis

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Par Marc-André Couillard
Atteint de la maladie de Lyme: un résident de Saint-Rémi doit se faire traiter aux États-Unis
Yves Chapleau a contracté la maladie de Lyme en 2016, mais il n'a reçu son diagnostic qu'en janvier 2019. Il doit maintenant subir de coûteux traitements aux États-Unis. (Photo : Coup d'œil – Marc-André Couillard)

ACTUALITÉ – Lorsqu’il a détecté une rougeur sur son avant-bras, en 2016, Yves Chapleau ne se doutait pas qu’il venait de contracter la maladie de Lyme. Ce n’est qu’en janvier 2019 qu’il a reçu un diagnostic. Impossible pour lui de se faire soigner au Québec, à ce stade-ci de la maladie. Il doit subir un traitement donné aux États-Unis, qui pourrait lui coûter au bas mot 60 000 $. C’est pourquoi il demande l’aide du public en lançant une campagne de sociofinancement.

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En 2016, M. Chapleau habitait sur une fermette située sur le rang Sainte-Thérèse, à Saint-Rémi, lorsqu’il a été piqué.

«Je ne savais pas ce que c’était, dit-il. C’était rouge, enflé et ça piquait. Je pensais que c’était une piqûre d’araignée. Ce n’était pas une piqûre ordinaire, mais quand tu te fais piquer par une bibitte, tu ne vas pas voir le médecin.»

Six mois plus tard, différents symptômes sont apparus, comme de la fatigue, ainsi que des douleurs musculaires et articulaires.

«J’avais l’habitude de m’entraîner toutes les semaines, mais là, ça fait un an que je n’ai pas mis les pieds dans un gym», explique le résident de Saint-Rémi.

Difficulté

Comme son état se détériorait, M. Chapleau a décidé de consulter son médecin. Il a passé une batterie de tests pour tenter d’identifier son mal, mais en vain. La difficulté vient du fait que les symptômes de la maladie de Lyme s’apparentent à plusieurs autres maladies.

M. Chapleau a suggéré à son médecin qu’il pouvait être atteint de la maladie de Lyme. «Il trouvait ça drôle. Il disait que c’était sûr que ce n’était pas ça», raconte-t-il.

Il a tout de même passé les deux tests qui sont offerts au Canada. Le résultat du premier s’est avéré positif, tandis que le second était négatif. Le médecin a donc conclu que ce n’était pas la maladie de Lyme.

«Tu vois des spécialistes et chacun te dit que tu n’as rien, se désole M. Chapleau. Ils finissent par te dire que c’est dans ta tête et ils te font voir un psychiatre. Ce n’est pas de la mauvaise foi de leur part, c’est plus un manque de connaissance.»

Diagnostic

M. Chapleau estime que les tests menés au Canada pour diagnostiquer cette maladie sont peu fiables.

«Aux États-Unis, ça fait 20 ans qu’on traite cette maladie et en Allemagne, ça fait 30 ans, dit-il. J’ai fini par trouver une clinique, à Sherbrooke, qui fait affaire avec un laboratoire allemand. Ça m’a coûté 1000 $ pour envoyer huit fioles de sang, juste pour obtenir mon diagnostic!»

Les gens ne se méfient pas. Il faut prendre le temps de s’examiner quand on joue dehors. C’est plate, mais ça fait partie de notre vie ici, dans la région.

Yves Chapleau

À la fin du mois de janvier 2019, il apprenait qu’il est atteint de la maladie de Lyme, dans sa phase chronique. Cette maladie se traite bien avec des antibiotiques, dans les 30 premiers jours, précise M. Chapleau. Après quoi, les choses se compliquent.

Traitement

Depuis 2018, les personnes qui ont été piquées par une tique peuvent se faire prescrire un antibiotique directement par un pharmacien, à condition que la piqûre soit survenue dans une des régions considérées à risque pour la maladie de Lyme.

«Au Québec, on te donne des antibiotiques pendant un maximum de 28 jours. Après, que tu ailles mieux ou pas, c’est fini», déplore M. Chapleau.

Comme ce dernier est atteint de la maladie depuis au moins deux ans, le personnel du laboratoire allemand l’a référé à deux spécialistes américains, dont un est basé à Plattsburgh.

Aide

M. Chapleau se rendra donc une première fois, à Plattsburgh, dans deux mois, pour débuter son traitement.

«Ça consiste en des doses intenses d’antibiotiques, pendant une période de deux à cinq ans», précise-t-il.

Pour ce qui est des coûts, il admet qu’il ne sait pas encore exactement à quoi s’attendre. Chose certaine, on parle de plusieurs dizaines de milliers de dollars.

«Je dois payer pour chaque visite, aux six mois, en plus des médicaments que je dois acheter aux États-Unis, dit-il. Généralement, les assurances ne couvrent pas ça. Il y a des gens qui sont obligés de faire faillite à cause de la maladie. Il va falloir que je trouve d’autres solutions pour ramasser de l’argent.»

Il sollicite l’aide du public en lançant une campagne de sociofinancement sur GoFundMe.com. Il suffit de cliquer ici pour lui verser un don. Son objectif est d’amasser 40 000 $.

«Je regarde en avant et j’essaie de planifier, mais pas trop, parce que ça fait peur. J’y vais une chose à la fois. Je suis grand-père de deux petits-enfants et j’aimerais ça les voir grandir», confie l’homme de 50 ans.

La maladie de Lyme dans la région

Le niveau de risque d’exposition aux tiques qui peuvent être porteuses de la maladie de Lyme est élevé et endémique à Hemmingford (village et canton), Saint-Bernard-de-Lacolle, Lacolle, Saint-Valentin, Noyan et Clarenceville, selon la Direction de santé publique de la Montérégie.

Le risque est considéré comme élevé pour les 10 autres municipalités couvertes par Coup d’œil (Napierville, Saint-Cyprien, Saint-Jacques-le-Mineur, Sherrington, Saint-Édouard, Saint-Michel, Saint-Rémi, Sainte-Clotilde, Saint-Blaise et Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix).

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