Grèves à la STM: le ministre Boulet n’exclut pas de devancer l’application de sa loi

Le ministre du Travail, Jean Boulet, n’exclut pas de devancer l’entrée en vigueur de sa nouvelle loi, alors qu’une troisième grève des employés d’entretien a cours à la Société de transport de Montréal, cette fois pour un mois.

Les 2400 employés d’entretien de la STM ont amorcé leur troisième grève le 31 octobre. Celle-ci doit durer jusqu’au 28 novembre, avec des services essentiels fournis aux heures de pointe seulement.

Mercredi, de grandes organisations du milieu économique ont uni leur voix pour demander au ministre du Travail de devancer l’entrée en vigueur de sa loi, à cause des multiples répercussions de cette grève, la troisième depuis le mois de juin.

La loi

La nouvelle loi du ministre Boulet, adoptée en mai dernier, doit entrer en vigueur le 30 novembre.

Elle lui permettra, s’il juge qu’un conflit de travail cause un «préjudice grave à la population» et, lorsque la médiation entre les parties aura échoué, d’imposer l’arbitrage de différend.

Dans un tel cas, il revient à un arbitre, donc à un tiers impartial, de déterminer les conditions de travail des salariés en grève ou en lock-out qui font encore l’objet d’un différend.

Une telle décision du ministre aurait aussi pour effet de mettre fin au conflit de travail.

Ainsi, le Conseil du patronat du Québec, la Fédération des chambres de commerce du Québec, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, l’Association hôtelière du Grand Montréal, l’Association restauration Québec et le Conseil des arts de Montréal ont fait une sortie commune pour demander au ministre de ne plus attendre et d’appliquer sa loi dès maintenant.

«Je n’exclus aucune option à ce stade-ci», a répondu le ministre Boulet, lorsqu’interrogé à ce sujet à Québec. Devancer l’entrée en vigueur de la loi, «ça peut être une option».

«Encore faut-il le faire en collaboration avec les autres partis. Et il y a deux partis qui ont voté contre l’adoption de cette loi», a-t-il ajouté.

Quant au message d’urgence porté par les groupes du milieu économique, «je suis tout à fait d’accord avec eux qu’il y a des conséquences inacceptables à Montréal. Le transport en commun est vital» pour des travailleurs, des étudiants et des proches aidants, a-t-il fait valoir.

Le ministre a toutefois rappelé que ce sont les parties patronale et syndicale qui ont la responsabilité première de s’entendre sur le renouvellement de la convention collective. «Ce n’est pas le ministre qui est à la table de négociation, ce sont les parties.»

Et il a déjà fourni une équipe de quatre médiateurs-conciliateurs pour la négociation du syndicat des 2400 employés d’entretien de la STM, rattaché à la CSN, et deux pour la négociation des 4500 chauffeurs d’autobus et opérateurs de métro, une section locale du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affilié à la FTQ.