Jonathan Pedneault démissionne comme chef adjoint du Parti vert du Canada

OTTAWA — L’homme qui s’est présenté aux côtés de la cheffe du Parti vert, Elizabeth May, dans l’espoir de devenir un jour co-chef, quitte son poste actuel d’adjoint.

Mme May était émue lorsque Jonathan Pedneault a annoncé la nouvelle sur la Colline du Parlement, mardi, citant des raisons personnelles.

La cheffe a déclaré que cette décision lui a brisé le cœur.

«Je serais bien plus heureuse de faire ça avec Jonathan, parce que c’était notre plan depuis le début, a-t-elle affirmé aux journalistes. Je ne me serais pas présentée à la direction si nous ne nous étions pas rencontrés.»

La décision de M. Pedneault survient alors que les membres du parti n’ont pas encore approuvé un changement à leur constitution pour permettre un modèle de «co-leadership». Les deux se sont présentés avec cette intention lors du vote à la direction du parti en novembre 2022.

Mme May a laissé entendre que le parti avait été plus lent à opérer le changement qu’elle l’aurait souhaité, soit dès que la course à la direction s’est terminée.

Les membres du parti ont discuté de la question lors de séances de mobilisation et ont eu l’occasion de poser des questions aux dirigeants verts internationaux qui ont travaillé avec des modèles de «co-leadership».

Après avoir déploré le fait que les membres mènent toujours leurs activités sur Zoom et non en personne, Mme May a finalement défendu cette idée, disant que «c’est un parti où les membres sont vraiment aux commandes».

M. Pedneault a déclaré que sa décision de démissionner de son poste était en préparation depuis des semaines, mais il a refusé d’en dire davantage, sauf pour indiquer que c’était pour des raisons personnelles.

Interrogé directement sur la question de savoir si le retard pris dans la modification du modèle de direction a joué un rôle, il a répondu que cette lenteur était due au fait que les membres menaient des discussions importantes sur l’avenir.

«C’est un parti dirigé par ses membres, alors c’est normal que cela prenne du temps. Cela n’a rien à voir avec mon départ aujourd’hui.»

Jonathan Pedneault a passé 14 ans à travailler dans des situations de crise avant de décider de se présenter aux côtés d’Elizabeth May lors de la dernière course à la direction du parti.

Son départ accentue l’incertitude pour le parti, qui tente de réhabiliter son image après avoir passé la période précédant les élections fédérales de 2021 en proie à des luttes internes autour du leadership de l’ancienne dirigeante, Annamie Paul.

Première femme noire à diriger un parti fédéral, Mme Paul a soutenu que les plaintes à son endroit durant son bref mandat étaient «racistes» et «sexistes».

Elle a démissionné quelques mois après le scrutin de 2021, lorsque les Verts ont vu leur soutien chuter à seulement 2,3 %.

Mme May et M. Pedneault se sont présentés pour remplacer Mme Paul dans le but de rétablir la confiance dans le parti. La cheffe actuelle, une députée de longue date, a dirigé les Verts de 2006 à 2019.

M. Pedneault ne détient pas de siège à la Chambre des communes, où l’Ontarien Mike Morrice est le seul député vert autre que Mme May.

May veut rester

La désormais unique cheffe des Verts a affirmé mardi qu’elle prévoyait de se présenter dans sa circonscription de l’île de Vancouver aux prochaines élections générales, qui doivent avoir lieu au plus tard en octobre 2025.

Elle a dit qu’elle était prête à relever le défi.

L’année dernière, la femme de 70 ans a été victime d’un accident vasculaire cérébral. Elle a assuré mardi qu’elle est en bonne santé.

La voix brisée par l’émotion, Mme May a souligné son engagement à promouvoir un programme donnant la priorité à la lutte contre les changements climatiques.

«Tout le monde de mon âge devrait le faire. Les baby-boomers ont détruit cette planète et nous ne pouvons pas nous en aller et laisser nos enfants s’en occuper. Je suis une version de 70 ans de Greta Thunberg, en colère et grincheuse.»