Le gouvernement Legault vante la candidature de Montréal pour la Banque de la défense
MONTRÉAL — «On n’a pas à être gêné (de) dire: Montréal, c’est la place, la destination.»
C’est ainsi que le premier ministre François Legault a conclu sa présentation, vendredi à Montréal, de la candidature de Montréal pour obtenir l’implantation de la future Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience (BDSR).
Tout le gratin du milieu des affaires, de l’éducation supérieure et plusieurs ministres de son gouvernement ainsi que la mairesse Soraya Martinez Ferrada étaient réunis au sommet du siège social de la Banque Nationale. Il n’y manquait, en fait, que des représentants du gouvernement fédéral, que le premier ministre n’a pas manqué d’interpeller lorsqu’il a précisé que son gouvernement serait prêt à délier les cordons de sa bourse pour soutenir cette installation. «On est prêt à calculer une contribution en fonction des retombées économiques. On s’attend évidemment à ce que Mark Carney (le premier ministre du Canada) fasse la même chose.»
M. Legault en appelle également au soutien des ministres fédéraux québécois François-Philippe Champagne et Mélanie Joly, ainsi qu’au chef de cabinet de Mark Carney, Marc-André Blanchard, et à la présidente-directrice générale de la Banque de développement du Canada, Isabelle Hudon.
Investissements militaires massifs
Cette nouvelle banque, dont le pays d’accueil reste à être déterminé, vise à soutenir les investissements militaires massifs prévus par les pays de l’OTAN et leurs alliés dans un contexte où les États-Unis laissent planer le doute sur leurs engagements face à la sécurité internationale. «Le monde est devenu incertain, a affirmé François Legault. Ce n’est pas pour rien que les pays investissent beaucoup d’argent en défense parce qu’ils sentent que peut-être la protection américaine est moins certaine qu’elle l’a déjà été.»
Invoquant les annonces d’investissements de 80 milliards $ du Canada pour sa défense nationale et de 800 milliards $ des pays européens, il a fait valoir que Montréal, avec près de 70 organisations internationales déjà implantées et son expertise dans plusieurs secteurs liés à la défense, notamment l’aéronautique et l’intelligence artificielle, était la destination idéale pour la BDSR.
«C’est le tour de Montréal»
La possibilité d’ajouter quelque 3500 emplois de haut niveau à l’économie de la métropole ravit également Mme Martinez Ferrada. «La grande différence entre toutes les villes canadiennes (…) c’est qu’il y a une combinaison que Montréal a et qu’aucune autre ville au Canada a, qu’il y a cette combinaison diplomatique et économique. Et c’est cette combinaison qui fait que Montréal, selon nous bien sûr, mais aussi basé sur les faits, c’était la meilleure ville où l’installer.»
«C’est le tour de Montréal et c’est le tour du Québec», a-t-elle lancé.
Le président-directeur général de la Banque Nationale, Laurent Ferreira, a ajouté que «notre capacité à faire des affaires aussi bien en français qu’en anglais constitue un ajout majeur pour collaborer avec les pays membres de l’OTAN».
Aussi, a-t-il dit, le Canada «est un modèle reconnu mondialement pour la stabilité économique et la stabilité politique. Et dans le contexte actuel géopolitique qui est marqué par de profondes transformations, le premier ministre le mentionnait, c’est un gage de confiance pour les pays membres de l’OTAN du G-7 et du G-20».
L’ombre d’un éventuel référendum
Montréal n’est toutefois pas la seule ville canadienne sur les rangs, Vancouver, Ottawa et Toronto ayant déjà manifesté leur intérêt. Il ne fait guère de doute que celles-ci invoqueront le spectre d’un référendum pour tenter de contrer la candidature montréalaise, mais le premier ministre Legault a semblé irrité lorsque la question a été évoquée. «Ce qu’on sait, c’est qu’il y a une grande majorité de Québécois qui ne veulent pas de la souveraineté, puis il y en a encore une plus grande majorité qui ne veulent de référendum sur la souveraineté. Bon, je vais arrêter là», a-t-il laissé tomber.
Le président-directeur général de Montréal International, Stéphane Paquet, a pour sa part plutôt laissé entendre que cette question ne préoccupait pas tellement les instances internationales. «Écoutez, un référendum, on en a eu trois en 15 ans entre 1980 et 1995 (NDLR: les référendums sur la souveraineté du Québec de 1980 et de 1995 et celui sur l’entente de Charlottetown en 1992) et on n’a pas vu d’exode massif d’organisations internationales à Montréal.»
