STM: le syndicat de l’entretien envisage de recourir encore à des moyens de pression
MONTRÉAL — Alors que la STM et le syndicat qui représente les employés d’entretien négocient depuis près de deux ans pour tenter d’en arriver à une entente pour renouveler la convention collective, ce dernier envisage de recourir encore une fois à des moyens de pression pour tenter de faire débloquer le dossier.
Le syndicat est «en analyse» et n’a pas encore déterminé quelle forme prendraient ces éventuels moyens de pression, a précisé vendredi Bruno Jeannotte, président du syndicat qui représente les 2400 employés d’entretien de la Société de transport de Montréal (STM), rattaché à la CSN.
«Dans le contexte qu’on vit actuellement, on risque de retourner en moyens de pression. On est en analyse: est-ce que les moyens de pression vont toucher le public? Est-ce que ça va être des moyens de pression plus à l’interne? C’est ce qu’on est en train d’analyser en ce moment. On n’écarte rien pour le moment. Ça va dépendre de ce que la STM va nous proposer dans les prochains jours, au niveau de la table de négociations», a affirmé M. Jeannotte.
La dernière grève, en décembre et janvier, avait pris la forme d’un refus de faire des heures supplémentaires — ce qui avait affecté les usagers dans une moindre mesure que les grèves précédentes.
Il y a eu quatre débrayages par ce syndicat auparavant: la première fois en juin dernier, puis en septembre-octobre, puis en novembre, puis en décembre-janvier.
M. Jeannotte espère que la relance des négociations permettra de ne pas en venir là.
La sous-traitance
La question du recours à la sous-traitance est toujours au coeur du litige.
Le syndicat reproche à la STM de vouloir recourir à la sous-traitance, ce qui, en plus de faire perdre des emplois à ses membres, ferait perdre de l’expertise.
Il soutient aussi que cela nuirait à la qualité et à la durabilité du travail, ajoutant qu’on ne peut pas comparer l’expertise interne à celle d’un sous-traitant privé, en ne se basant que sur le coût proposé par le plus bas soumissionnaire. Il croit que les économies ainsi réalisées ne seraient qu’à court terme et qu’après quelque temps, les sous-traitants augmenteront leurs honoraires ou prix.
«La STM ne cherche pas à privatiser ses activités. Elle cherche en premier lieu à rendre ses activités plus efficientes avec ces employés qui ont une expertise exceptionnelle en transport collectif», a répliqué la direction.
La société de transport clarifie ainsi sa position concernant la sous-traitance: «ce que l’on recherche, c’est de la performance. Pour y arriver, nous proposons de formaliser un mécanisme avec le syndicat grâce auquel nous pourrions comparer le coût, mais aussi la fiabilité et la qualité, de certaines activités internes à ceux du marché externe. Si c’est moins cher à l’interne, la STM va conserver l’expertise interne. Si c’est plus cher à l’interne, les équipes disposeront d’un temps nécessaire afin d’identifier des solutions permettant d’atteindre un coût aligné sur celui du marché».
«Ce mécanisme proposé permettrait justement de valoriser le savoir-faire interne tout en assurant une saine gestion des fonds publics. L’objectif de la performance est clair, mais le moyen pour y arriver est flexible, et c’est ce que l’on veut discuter dans le cadre de la négociation», a ajouté la direction.
Les parties ont tenu 138 séances de négociation et six mois de médiation, en plus de la conciliation.
La STM a conclu des ententes avec les trois autres grands syndicats, qui sont des sections locales du SCFP et du SEPB, affiliés à la FTQ. Ils représentent les 4500 chauffeurs d’autobus et opérateurs de métro, les 1300 employés administratifs et techniques et les 800 professionnels.
