Saint-Rémi: un atelier pour favoriser le rapprochement avec les musulmans

Saint-Rémi: un atelier pour favoriser le rapprochement avec les musulmans

L'atelier portant sur le thème: L'intégration des musulmans et musulmanes, un défi pastoral et social, aura lieu le 10 février, à 9 h, à l'église Saint-Rémi.

Crédit photo : Depositphotos

ÉVÉNEMENT – Le prêtre Rémi Bourdon, responsable des rapprochements interreligieux au diocèse de Saint-Jean-Longueuil, animera un atelier visant à favoriser l’intégration des Québécois musulmans. Cet événement aura lieu le 10 février, de 9 h à 12 h, à l’église Saint-Rémi. M. Bourdon nous explique son travail et la raison pour laquelle il présente cet atelier.

Quel est votre travail à titre de responsable diocésain des rapprochements interreligieux ?

«J’ai travaillé toute ma vie dans les écoles, avec des étudiants de cinquième secondaire, avec qui j’ai commencé à faire des ateliers pour comprendre les grandes religions du monde. Ça fait 20 ans que cette question me parait importante au Québec.»

Quel est le but de cet atelier ?

«L’objectif de cet atelier est de sensibiliser les chrétiens à la présence de citoyens d’autres religions dans notre environnement social et d’apprendre à les connaître. Les attentats du 11 septembre ont accéléré cette conscience de la présence des musulmans. C’est une occasion de réfléchir sur ce phénomène social qui touche tout le monde au Québec.

Pourquoi cet atelier se donne-t-il à Saint-Rémi ?

«J’ai été invité par le curé Yves Lepain, qui a lui-même été un des premiers responsables des rapprochements interreligieux. C’est aussi parce que l’imam Hassan Guillet [porte-parole du Conseil des imams du Québec et imam de Saint-Jean-sur-Richelieu] habite à Saint-Rémi. Chaque année, il organise chez lui un rassemblement de plusieurs centaines de musulmans et de non-musulmans et nous y avons participé moi et M. Lepain. C’est aussi parce qu’on trouve deux centres islamiques à Saint-Constant, tout près d’ici.»

Selon vous, en quoi l’intégration des musulmans représente-t-elle un défi ?

«Dans la tête de tous les Québécois, il y a un imaginaire, comme un hologramme de ce qu’est un musulman ou une musulmane et cette image n’est pas très positive. Il faut la travailler. Ça pose le défi du vivre ensemble. Moi, comme chrétien, je me dis comment je peux vivre avec les autres ? Depuis 10 ans, je vais à la mosquée à Brossard. Nous avons créé un comité de chrétiens et de musulmans. Au mois d’octobre, nous avons réuni 25 chrétiens et 25 musulmans et nous avons passé notre samedi matin ensemble, à échanger et à partager un repas.»

Comment se déroulera cet atelier ?

«Nous allons d’abord faire l’inventaire des points de vue par rapport à la présence des musulmans dans notre société. Cela va nous permettre de mesurer l’écart entre ce que les gens pensent et ce qu’ils voudraient porter comme idéal chrétien ou citoyen. Après, on essaie de voir ce qui est en jeu derrière leurs réactions, en fonction des différents aspects de la vie collective, que ce soit au niveau social, politique, économique, juridique, etc. Je ne leur réponds pas directement, mais je le fais en leur présentant des analyses et des données provenant d’organismes officiels. Je fais notamment référence à la position de la Banque mondiale par rapport à l’accueil des réfugiés et à celle du sociologue Gérard Bouchard.»

Quelle est la position chrétienne face aux autres religions ?

«Les critères de l’Évangile sont exigeants. Jésus a énoncé: «Tout ce que tu voudrais qu’un autre fasse pour toi, fais-le pour lui.» Ce n’est pas facile d’être chrétien. Rejeter la violence, respecter la liberté de religion et de croyance et consolider les relations interreligieuses, font partie des valeurs de base que les chrétiens sont appelés à adopter.»

Inscription à l’atelier

Pour s’inscrire à cet atelier, il suffit de composer le 450 454-2133, poste 22.

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