Trois personnes décédées: deux ans de prison pour conduite dangereuse

Trois personnes décédées: deux ans de prison pour conduite dangereuse

La violente collision était survenue le 11 juillet 2015, à Saint-Cyprien-de-Napierville.

Crédit photo : Le Canada Français – Archives

JUSTICE – Un homme de 34 ans, de Mercier, a été condamné le 23 janvier à deux ans de détention après avoir reconnu sa culpabilité à l’accusation d’avoir conduit dangereusement et causé la mort de trois personnes.

Il purgera sa peine dans un établissement provincial et sera soumis par la suite à une probation de trois ans. Il devra effectuer 240 heures de travaux communautaires. Le juge Pierre Labrie a prononcé aussi une interdiction de conduire de trois ans. Le procès devant jury prévu en mai dans ce dossier n’aura donc pas lieu.

Le 11 juillet 2015, peu après 19 h, l’accusé roulait en direction sud sur la route 221, à Saint-Cyprien-de-Napierville. Cette route en est une à deux voies qui sont en contresens.

À la croisée du chemin de la 3eLigne, un des véhicules qui précédait celui de l’accusé a signalé son intention de tourner à gauche.

L’accusé a alors effectué un dépassement à haute vitesse par la droite, en empruntant une voie de contournement. Il a doublé plus d’un véhicule, dont certains avaient déjà dépassé l’intersection de la 3eLigne.

Trois morts

Il a tenté de réintégrer la voie principale de circulation alors que celle de contournement était déjà terminée. Des roues de sa voiture se sont retrouvées sur l’accotement en gravier. Il a perdu la maîtrise de sa voiture qui s’est retrouvée dans la voie inverse.

Son véhicule a percuté une voiture de marque Toyota qui arrivait en sens inverse. Sous l’impact, la Toyota a quitté la chaussée et s’est immobilisée dans le fossé.

À l’intérieur de cette voiture prenaient place Roger Charlebois, 60 ans, et Monique Charlebois-Labonté, 62 ans, de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, dont le décès a été constaté sur place. Il y avait aussi Germaine Ménard, 80 ans, de Saint-Jean-sur-Richelieu, dont le décès a été constaté à l’Hôpital du Haut-Richelieu, dans les heures suivantes.

Défense

Pour convaincre le juge du bien-fondé de la suggestion de peine présentée par les avocats, Me Isabelle Teolis, de la défense, a fait valoir que l’alcool et la drogue n’étaient pas en cause. Son client n’avait pas eu une conduite erratique avant la collision. De plus, il était sans antécédents judiciaires.

L’accusé a été blessé gravement. Il a souffert de multiples fractures et a subi une dizaine d’opérations. Il ne peut plus pratiquer son métier de plombier, mais il a tout de même conservé un lien d’emploi avec l’établissement pour lequel il travaillait.

Lettre

L’accusé s’est adressé aux familles des victimes. Il a lu une lettre. «Je suis conscient que certains d’entre vous ou même vous tous ne seraient jamais capables de me pardonner pour ce qui est arrivé. Moi-même j’ai beaucoup de misère à me pardonner pour avoir enlevé la vie de vos proches», a-t-il dit.

Il a ajouté qu’il n’y avait pas une journée où il ne pensait pas aux trois victimes et au mal qu’il a causé à leurs proches et à la colère qu’il a pu leur faire vivre.

«Je tiens à vous dire du plus profond de mon cœur: je m’excuse. Je paie et je vais payer pour ce qui est arrivé et je l’accepte», a-t-il conclu.

Peine

Après avoir considéré les circonstances des événements, les regrets sincères exprimés par l’accusé et le fait que la peine suggérée soit le fruit d’une négociation réfléchie, le juge l’a estimée raisonnable.

Avant que l’audience ne prenne fin, le juge s’est adressé aux membres des familles des victimes. Il a dit espérer que le dénouement du dossier leur permettra de faire leur deuil.

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