Le vignoble Domaine St-Jacques double sa production: un investissement de 5 M$

Le vignoble Domaine St-Jacques double sa production: un investissement de 5 M$

Le propriétaire du Domaine St-Jacques voulait quelque chose qui faisait très québécois et canadien.

Crédit photo : Le Canada Français – Rémy Boily

VIN – Pour faire face à la demande grandissante des vins québécois, le vignoble du Domaine St-Jacques, à Saint-Jacques-le-Mineur, investira plus de 5 M$ d’ici 2019 pour lui permettre de doubler sa capacité de production à court terme.

Le propriétaire du vignoble, Yvan Quirion, n’est pas peu fier du travail accompli au cours des derniers mois. En plus d’avoir procédé à l’achat d’une nouvelle terre et d’y avoir planté des vignes, ce qui représente la moitié de l’investissement, il a amorcé la construction d’une nouvelle boutique, d’une salle d’embouteillage et d’une cuverie. L’ancienne cuverie deviendra probablement une aire d’entreposage pour le matériel sec.

Les bâtiments totalisant une superficie d’environ 4000 pieds carrés permettront l’ajout de deux terrasses pour que les clients dégustent les produits du Domaine St-Jacques sur place. Le tout devrait être officiellement inauguré en mai prochain, à temps pour le dixième anniversaire du vignoble.

«Nous allons être très bien installés, commente M. Quirion. L’ajout de ces édifices a permis de mieux organiser le travail. L’investissement était nécessaire parce que le marché est très fort en ce moment.»

Support

Ce viticulteur bien connu dit avoir obtenu beaucoup d’aide de son mentor, le fondateur du Vignoble de l’Orpailleur, Charles-Henri de Coussergues, pour réaliser son agrandissement.

«Personne n’a réellement d’expertise en la matière au Québec, à part lui, rappelle-t-il. Je suis allé voir à l’Orpailleur comment ils avaient réalisé des projets similaires. Depuis les débuts du Domaine St-Jacques, Charles-Henri a été mon mentor. Il m’évite de faire des erreurs qu’il a faites.»

Évolution constante

L’évolution de la production du Domaine St-Jacques a connu une croissance constante au fil des ans. Il a démarré avec 1600 caisses (à 12 bouteilles par caisse) pour la cuvée 2007, puis a grimpé jusqu’à 6000 caisses en 2015. L’an dernier, c’étaient plutôt 8500 caisses. M. Quirion anticipe que le résultat final sera d’un peu plus de 10 000 caisses pour 2017.

Il possède présentement 23 hectares et demi de vignes plantées avec une possibilité de huit hectares additionnels. Il estime qu’il devrait franchir les 20 000 caisses en 2018, puis probablement monter à près de 25 000 en 2025.

«Actuellement, nos produits se retrouvent surtout à la SAQ, note Yvan Quirion. On ne pousse pas du côté de l’agrotourisme, du corporatif ou de la restauration parce qu’on manque de vin quatre ou six mois par année.»

«Nous augmentons nos ventes de 60% par année. Nous ne pouvions plus répondre à la demande.»

Yvan Quirion, propriétaire du vignoble Domaine St-Jacques

Les nouveaux bâtiments accueilleront une nouvelle boutique, une salle d’embouteillage et la cuverie.

Marché

M. Quirion est d’avis que les vins québécois ont trouvé chez les milléniaux de solides ambassadeurs qui n’ont pas peur de faire leur promotion, ce qui explique la montée des produits de la Belle Province au cours des dernières années.

«Les milléniaux sont très chauvins, remarque-t-il. On sent les préjugés envers le vin québécois tomber. Ils sont très férus de nos vins, connaissent nos cépages. Tous les vins qui ont la certification Vin du Québec certifié sont en pénurie. La certification a été, je crois, un excellent coup de l’Association des vignerons du Québec.»

Il reste encore bien du chemin à parcourir, laisse tomber M. Quirion. Le marché annuel de 235 millions de bouteilles est détenu à 99% par des produits étrangers.

Densification

Yvan Quirion croit que les vignerons québécois ont une «mine d’or dans les mains». Les terres situées dans le triangle compris entre le fleuve Saint-Laurent, la frontière américaine et la rivière Richelieu sont parfaites pour la culture du raisin destiné à la viniculture.

«Nous avons la même pluviométrie qu’en Bourgogne ou dans la région de Bordeaux, souligne-t-il. On a de l’eau, pas trop de sécheresses, des étés chauds ainsi que de beaux automnes. L’hiver se gère bien. Même les vignerons étrangers commencent à s’installer au Québec!»

Le Haut-Richelieu est particulièrement intéressant pour y établir un vignoble. M. Quirion avance que d’ici dix ans, il y aura une forte densification de ce type d’activité dans la région.

«Présentement, il n’y a rien entre le Domaine St-Jacques et le Mas des Patriotes, observe-t-il. J’aimerais que ça se densifie et qu’on ait de dix à 15 vignerons dans le secteur. Si des gens veulent convertir leur champ de maïs en vignoble, qu’ils viennent me voir.»

Le vignoble Domaine St-Jacques, à Saint-Jacques-le-Mineur, investit plus de 5 M$ d’ici 2019 pour doubler sa capacité de production.

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