Saint-Rémi: un groupe européen veut acheter Saladexpress

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Par Marc-André Couillard
Saint-Rémi: un groupe européen veut acheter Saladexpress
L'entreprise Saladexpress, située à Saint-Rémi, emploie 120 personnes. (Photo : Coup d'oeil - Marc-André Couillard)

AGROALIMENTAIRE – La coopérative agricole et agroalimentaire française Agrial prend une part minoritaire dans l’entreprise de transformation de légumes Saladexpress, située à Saint-Rémi. Elle en a fait l’annonce le 25 juillet. À terme, les intentions d’Agrial sont d’acquérir Saladexpress et de conquérir le marché nord-américain.

Il s’agit d’une première acquisition pour Agrial dans la filière des légumes sur le continent américain.

Depuis 2010, l’entreprise située sur la rue Saint-André, à Saint-Rémi, est la propriété du Fonds de solidarité de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Elle emploie 120 personnes.

Le nouveau président-directeur général de Saladexpress, Sylvain Racette, un Québécois, travaille dans le camp d’Agrial depuis deux ans. Son mandat est de développer le marché de l’Amérique du Nord, dans le secteur des légumes. C’est lui qui servira de courroie de transmission pour permettre à Agrial de s’adapter aux us et coutumes québécois.

«Le Fonds de solidarité cherchait quelqu’un du milieu pour conserver les emplois, dit M. Racette. Le Fonds veut préserver et accroître les emplois au Québec et on correspondait à ça. Les gens du Fonds vont nous accompagner dans les prochaines étapes. C’est un beau scénario parce que si ça avait été acheté par une compagnie québécoise, elle aurait probablement consolidé les entreprises.»

M. Racette assure que tous les emplois seront préservés et qu’il y aura assurément de nouvelles embauches avant la fin de cette année.

À la question de savoir pourquoi ce n’est pas une entreprise locale qui rachète Saladexpress, comme Vegpro International par exemple, pour qui il a déjà travaillé, M. Racette répond que Saladexpress était pourtant en vente depuis de nombreuses années.

Futur

Saladexpress transforme des légumes pour en faire des salades et des légumes précoupés, comme des betteraves, des carottes, des pommes de terre, du navet ou de la courge.

Son marché principal est le Québec, mais elle exporte aussi en Ontario et dans les Maritimes. M. Racette refuse de dévoiler son chiffre d’affaires, mais il estime que Saladexpress occupe présentement moins de 10 % du marché québécois dans le secteur des légumes prêts à l’emploi.

L’objectif d’Agrial est d’abord de conquérir le marché québécois, puis canadien et états-unien. «On veut apprendre à marcher avant de courir», prévient M. Racette.

Pour y parvenir, Agrial veut d’abord investir dans l’usine de Saint-Rémi afin de la moderniser. Sans préciser la valeur de l’investissement, M. Racette parle de quelques millions de dollars qui seront injectés par Agrial, pour remplacer les planchers, renouveler l’équipement et repenser l’aménagement des lieux.

«C’est la première phase, précise M. Racette. Les plans sont déjà faits et on s’en va en soumissions. Il n’y a pas eu beaucoup d’investissement dans l’usine. Elle a besoin d’amour.» Ces travaux seront terminés au début de 2019.

Plus tard, de nouveaux produits pourraient être lancés par Saladexpress. «Nous allons regarder ce qui se fait en Europe, dans le portefeuille de produits d’Agrial, et nous allons voir ce qui peut être adapté», dit M. Racette.

Pour nous, les ambitions sont nord-américaines.

Sylvain Racette, p.-d. g. de Saladexpress

Sylvain Racette est le nouveau président-directeur général de Saladexpress.

Local

Les employés et les agriculteurs de la région doivent se réjouir de cette nouvelle, estime M. Racette. La vitesse à laquelle Agrial va prendre de l’expansion va dépendre de sa capacité à s’approvisionner.

«Il faut s’assurer d’un approvisionnement adéquat, avec des légumes de qualité, rappelle-t-il. Nous avons tout intérêt à avoir des producteurs locaux parce que ce qui est le plus cher, ce n’est pas le coût des denrées, mais le transport.»

Si les affaires vont bien, l’usine de Saint-Rémi pourrait même être agrandie, puisque l’espace le permettrait, rappelle M. Racette. La proximité avec les marchés de l’État de New York et de l’Ontario représente un avantage pour Saladexpress.

«C’est extrêmement positif pour la Ville de Saint-Rémi, pour les producteurs québécois et pour les employés, pense M. Racette. Agrial n’est pas coté en bourse et ne travaille pas à court terme. Quand elle fait un investissement, ce n’est pas pour deux ou trois mois. Nous sommes là pour rester.»

Agrial

Agrial est le leader en Europe dans le secteur des fruits et légumes frais, avec ses marques Florette, Priméale et Créaline. Ses activités touchent aussi le secteur du lait, des boissons et des viandes.

Elle possède trois usines aux États-Unis, dont une qui produit du fromage de chèvre dans l’État de New York, et deux autres qui font dans les boissons et le cidre, à San Francisco et à Seattle.

Cette coopérative regroupe 13 000 adhérents et compte 22 000 salariés. Agrial a réalisé un chiffre d’affaires de 5,5 milliards d’euros en 2017.

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