École secondaire Pierre-Bédard: une classe sans pupitre pour stimuler les élèves

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Par Marc-André Couillard
École secondaire Pierre-Bédard: une classe sans pupitre pour stimuler les élèves
Marie-Ève Forand et Brigitte Lapalme ont acheté du mobilier pendant l'été pour que leur nouvelle classe flexible soit prête pour la rentrée, en septembre. (Photo : Coup d'œil – Marc-André Couillard)

ÉDUCATION – Enseignantes en mathématique en deuxième secondaire, Marie-Ève Forand et Brigitte Lapalme ont décidé de revoir l’aménagement de leur local et d’adopter un modèle de classe flexible. Le principe consiste à remplacer la plupart des tables et des chaises régulières par du mobilier qui permet aux élèves de travailler dans différentes positions. Le but est de stimuler les jeunes et de favoriser leur attention, en leur permettant de s’asseoir de manière confortable ou même de rester debout.

Mme Forand enseigne depuis 11 ans. Depuis quelques années, elle s’intéresse aux différentes initiatives qui permettent de renouveler les façons traditionnelles d’enseigner.

«Je m’intéresse surtout à tout ce qui se fait pour stimuler, intéresser et adapter l’école d’aujourd’hui aux garçons, qui sont les principaux décrocheurs», explique-t-elle.

Le principe de classe flexible existe dans d’autres écoles de la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries, mais il est plus répandu au niveau primaire que secondaire, précise Mme Forand. La raison est qu’au primaire, les professeurs enseignent toujours dans le même local, tandis qu’au secondaire, ils se déplacent souvent pour enseigner à différents groupes de différents niveaux.

Le coût pour faire l’achat des équipements qu’elles ont choisis est d’environ 1500 $, que l’on pense aux tables hautes, qui permettent de travailler debout ou assis sur un tabouret, aux poufs, pour s’asseoir au sol, ou encore aux chaises de jardin sur lesquelles on peut travailler en utilisant un plateau que l’on dépose sur ses genoux. Mmes Forand et Lapalme ont aussi récupéré du matériel qui se trouvait déjà à l’école.

«Il a fallu qu’on demande à la direction de l’école, mais ç’a été bien reçu», indique Mme Lapalme.

Avantages

Citant les résultats d’une étude réalisée par la Mayo Clinic, aux États-Unis, Mme Forand précise que le fait de travailler debout à une table, de pouvoir bouger en classe et d’utiliser une variété de postures, augmente de 12 % la capacité d’attention des jeunes.

«Au secondaire, ces classes sont très rares et pourtant, elles seront de plus en plus nécessaires, pense Mme Forand. Elles sont reconnues pour aider les élèves avec des troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité. Sur un groupe de 30, il y a 10 ou 12 élèves qui ont un plan d’intervention parce qu’ils ont de difficultés spéciales, comme de la dyslexie ou de la dysphasie.»

La classe flexible est une classe qui favorise l’attention.

Marie-Ève Forand, enseignante en mathématique

Adaptation

Les élèves ont dû s’adapter à ce nouvel environnement. C’est aussi un apprentissage pour les enseignantes qui étaient habituées à travailler de manière conventionnelle.

«Il faut accepter qu’il y en a qui se lèvent, convient Mme Lapalme. On était habituées de les voir assis en rang d’oignon. C’est sûr que ça jase un peu. Il y a du bavardage, mais on voit que les élèves aiment ça et ils sont contents de venir.»

Les élèves aussi doivent s’habituer à cette nouvelle configuration.

«Il y en a qui préfèrent s’asseoir aux tables régulières. C’est pour ça que nous en avons gardé quelques-unes, dit Mme Forand. Ça amène du changement et ce n’est pas tout le monde qui est à l’aise avec le changement.»

Pour Mmes Forand et Lapalme, ce n’est pas la position de travail des élèves qui importe, mais plutôt le fait qu’ils puissent trouver une posture confortable pour être attentifs.

«On voit qu’il y a un engouement. Ça peut donner des idées et permettre à d’autres enseignants de voir que c’est possible de changer nos pratiques et de se renouveler», conclut Mme Forand.

Ce que les élèves en pensent

«Tu peux te mettre dans différentes chaises. Les mathématiques sont vraiment plus le fun. On se sent mieux parce qu’on peut se mettre dans la position qu’on veut.»

-Antoine

«C’est plus facile de se concentrer parce qu’on peut bouger comme on veut et on a plus d’espace.»

-Tristan

«Si on est plus excités, on peut être debout et si c’est plus compliqué, on peut aussi s’asseoir au bureau du professeur.»

-Tommy

«Je suis plus concentrée.»

-Méliann

Une classe sans pupitre à l’école secondaire Pierre-Bédard.
Certains élèves préfèrent s’asseoir directement au bureau de l’enseignante.
En début d’année, les élèves pouvaient choisir leur emplacement préféré: une chaise Adirondack, un pupitre conventionnel, ou même debout, à l’arrière.
Certains élèves aiment travailler assis sur un pouf, au sol.
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