Hausse du salaire minimum: la Chambre de commerce du Haut-Richelieu appelle à la prudence

Stéphanie Mac Farlane
Hausse du salaire minimum: la Chambre de commerce du Haut-Richelieu appelle à la prudence
Michel Milot, directeur général de la Chambre de commerce et de l'industrie du Haut-Richelieu. (Photo : Le Canada Français - Archives)

TRAVAIL – Les salariés de la région qui travaillent au salaire minimum verront leur taux horaire augmenter de 4,17% le 1er mai pour atteindre 12,50$ de l’heure. Cette augmentation est bien accueillie par la Chambre de commerce et de l’industrie du Haut-Richelieu (CCIHR), mais l’organisme demande au gouvernement de rester prudent dans ses hausses à venir.

À l’heure actuelle, le taux horaire minimum au Québec est établi à 12$. Les salariés à pourboires verront aussi leur revenu augmenter. Le taux passera de 9,80$ à 10,05$. De leur côté, les cueilleurs de framboises et de fraises verront leur salaire s’établir respectivement à 3,71$ (+0,15$) et à 0,99$ (+0,04$) du kilogramme.

Cette augmentation profitera à 288 200 salariés. Le revenu disponible de ces travailleurs augmentera de 400$ à 650$, selon le nombre d’heures travaillées et la situation familiale, après impôts et déductions.

Le gouvernement Legault souligne que cet accroissement du salaire minimum fera passer le ratio entre le salaire minimum et le salaire horaire moyen à 50%. Selon des données provenant du ministère des Finances du Québec, il est prévu que le salaire horaire moyen s’établisse à 24,92$ en 2019-2020.

«En liant l’évolution du salaire minimum à celle du salaire horaire moyen, les salariés payés au salaire minimum profitent de la croissance générale des salaires et de l’évolution de l’économie. De cette manière, notre gouvernement contribue à l’augmentation du pouvoir d’achat des travailleurs les plus vulnérables sans nuire à l’emploi et à la compétitivité des entreprises.

-Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale

Prudence

La CCIHR accueille favorablement la hausse du salaire minimum à 12,50$. Elle partage toutefois la position de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) qui demande à ce que les hausses du salaire minimum soient progressives.

«Il faut que les employeurs réussissent à surmonter cette hausse de salaire-là. Ce qu’on dit, c’est d’être prudent dans l’augmentation pour ne pas trop déstabiliser le marché», exprime Michel Milot, le directeur général de la CCIHR.

Il ajoute que les employeurs doivent déjà composer avec les conséquences de la pénurie de main-d’œuvre, les modifications à la Loi sur les normes du travail et la réforme du Régime des rentes du Québec. «La marge de manœuvre financière des entreprises est constamment réduite alors que la concurrence est vive», poursuit Michel Milot.

15$

Avec l’annonce de la hausse du salaire minimum à 12,50$, la question du taux horaire minimal à 15$ l’heure est revenue dans l’actualité.

La CCIHR et la FCCQ sont d’avis qu’un ensemble de mesures doivent être prises en considération pour améliorer la condition des travailleurs au salaire minimum. Ils illustrent que le passage du taux horaire minimal à 15$ n’aura pas la même répercussion sur un adulte chef de famille monoparentale, un étudiant et un travailleur expérimenté qui souhaite arrondir ses fins de mois.

«Dans chacune de ces situations, ce n’est pas le salaire minimum qui fait la différence sur le revenu disponible, mais bien les mesures fiscales et de soutien aux personnes à faible revenu», mentionne Stéphane Forget, président-directeur général de la FCCQ.

Michel Milot craint aussi qu’un étudiant soit tenté d’abandonner ses études s’il considère avoir un revenu suffisant au salaire minimum.

«À l’inverse, le contexte fiscal actuel pénaliserait encore davantage un travailleur expérimenté qui ne verrait plus d’un bon œil de rester actif sur le marché du travail», conclut M. Milot.

 

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