Jonathan Crépeau Lavigne: producteur de hip-hop et pizzaiolo  

Karine Guillet
Jonathan Crépeau Lavigne: producteur de hip-hop et pizzaiolo  
Jonathan Crépeau Lavigne, alias Dicekid, a une impressionnante liste de collaborations avec des artistes de la scène hip-hop. (Photo : Canada Français - Jessyca Viens-Gaboriau)

CULTURE – Jonathan Crépeau Lavigne est un véritable passionné de musique. Dans son studio, il concocte depuis dix ans des rythmes pour des artistes hip-hop de la province. À 28 ans, il a déjà collaboré avec de grands noms de la scène québécoise comme Sans Pression, Paranoize ou Izzy S. Récemment, il a mis la musique un peu de côté, depuis qu’il est le nouveau propriétaire de la pizzéria St-Blaise avec son frère jumeau, Emanuel.

Mieux connu sous son pseudonyme Dicekid, ce sont sur ses pièces instrumentales que de nombreux rappeurs de la province déversent leurs rimes. Dans la plupart des cas, il compose sur mesure à partir de la portion vocale fournie par les artistes. Les rappeurs lui font parfois part du genre d’instrumental qu’ils recherchent ou lui envoient des rythmes dans la veine de ce qu’ils veulent. Le producteur s’inspire aussi de la chanson en elle-même.

«Je pars de rien et je crée carrément un instrumental de A à Z, explique-t-il. Ça implique tous les sons: la batterie, la basse le piano. J’ai un piano et je joue avec mes sons.»

Si au début il pouvait facilement consacrer une journée entière à la production d’une seule piste, il est aujourd’hui capable d’effectuer le travail en quelques heures.

«Je passe beaucoup de temps à l’écouter. J’écoute aussi quelque chose d’autre puis je reviens sur ma piste pour ne pas fatiguer mon oreille à travailler des heures sur un rythme. À un certain moment, tu n’entends plus aussi bien les sons et les petites failles.»

Passionné

Jonathan Crépeau a toujours aimé la musique. Tellement, qu’au secondaire, il s’était même fait pousser les cheveux afin de pouvoir dissimuler ses écouteurs en classe. Lorsqu’un collègue de travail lui a parlé d’un programme de création de musique, il a tout de suite su qu’il le lui fallait. Il dit n’avoir jamais arrêté depuis.

«Je commence à faire de la musique et je tombe dans ma bulle, dit-il. C’est comme ça que j’évacue mes émotions. Souvent, tu vas entendre un <@Ri>beat<@$p> de moi et tu vas sentir ce que je ressens.»

J’ai toujours eu de la misère à m’exprimer verbalement et j’ai eu un passé assez difficile. La musique, ça m’évade.

-Dicekid

Au départ, il avoue qu’il ne pensait pas produire de la musique professionnellement. Mais de fil en aiguille, les rencontres se sont enchaînées dans le milieu. «Je me levais le matin, je ne pensais qu’à ça, se rappelle-t-il. Je pouvais faire ça dix heures par jour.»

Fierté

Aujourd’hui, il est particulièrement fier d’avoir composé pour Izzy-S et Sans Pression, pour qui il cumule une vingtaine de collaborations. «Il y a beaucoup d’artistes que j’écoutais quand j’étais petit et avec qui j’ai travaillé plus tard, constate-t-il. C’est un peu une fierté pour moi d’avoir travaillé avec mes idoles de jeunesse.»

Aujourd’hui, il partage son temps entre sa musique et son restaurant. À terme, il souhaite quand même concilier les deux univers parce qu’il baigne aussi dans le monde de la restauration depuis son plus jeune âge.

«J’ai pris un temps mort côté musique pour mettre toute mon énergie dans la pizzéria, explique-t-il. Malgré ça, parfois je fais 12 heures au restaurant et je reviens à la maison et je fais de la musique. Ce n’est pas difficile pour moi parce que c’est deux choses que j’aime vraiment faire.»

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