Après avoir déposé une nouvelle ordonnance: vous n’attendez pas pour rien à la pharmacie

Valérie Legault
Après avoir déposé une nouvelle ordonnance: vous n’attendez pas pour rien à la pharmacie
Un feu roulant. Voilà à quoi ressemble le quotidien des pharmaciens avec le suivi des patients, les ajustements de dosage, les rappels de médicaments et les ruptures de stock. (Photo : Le Canada Français - Archives)

SANTÉ – Entre le moment où l’on dépose une nouvelle ordonnance et celui où l’on passe à la caisse, il y a une foule d’informations à vérifier derrière le comptoir de la pharmacie. Pourquoi faut-il s’armer de patience avant de récupérer son médicament? La pharmacienne Alexandra Proulx nous explique toutes les étapes de sa préparation.

Informer son pharmacien de ses allergies, du port de lentilles cornéennes, de sa grossesse ou du fait qu’on allaite n’a rien de banal. Chacune de ces conditions peut influencer les effets thérapeutiques recherchés.

«Les jeunes pharmaciens sont de plus en plus sensibilisés à l’importance de la fonction rénale», ajoute Alexandra Proulx, pharmacienne chez Familiprix à Saint-Blaise-sur-Richelieu. Elle calcule presque systématiquement le taux de créatinine chez ses patients de 50 ans et plus, ce qui exige quelques minutes supplémentaires à la préparation de l’ordonnance.

Elle vérifie pourquoi certains médicaments ont cessé d’être pris et garde l’œil ouvert devant tout patient qui montre des signes de confusion. Prendrait-il des médicaments venant d’une autre pharmacie en même temps? Une vérification au Dossier Santé Québec lui en donnera le cœur net.

Pas de répit

Un feu roulant. Voilà à quoi ressemble le quotidien des pharmaciens derrière le comptoir. «Les gens sont parfois fâchés d’attendre, mais ils ne savent pas tout ce qu’on fait. Ce n’est pas comme au McDonald’s. Il faut prendre le temps de le faire.»

J’aide mes patients du mieux que je le peux. Ça fait partie de mes valeurs. Ils sont comme ma famille.

-Alexandra Proulx, pharmacienne chez Familiprix à Saint-Blaise

C’est sans compter toutes les fois où le pharmacien doit communiquer avec le médecin de famille pour ajuster une dose ou vérifier les possibles interactions entre deux médicaments. Si la démarche augmente les délais, elle évite souvent une autre visite à la clinique.

«Chaque journée est différente. On ne sait jamais à quoi s’attendre. C’est sans compter tous les rappels et ruptures de stocks auxquels nous faisons face», affirme Mme Proulx.

Le contact humain, voilà ce qui emballe le plus la pharmacienne à propos de sa profession. «J’aime être empathique, offrir un service de proximité», dit-elle.

Service personnalisé

Alexandra Proulx connaît pratiquement tous ses patients par leur prénom. Elle se sent directement concernée par l’évolution de leur état de santé, si bien qu’elle n’hésite pas à les appeler à la maison pour prendre des nouvelles de leur tension artérielle ou de leur infection en voie de guérison.

Elle en convient, le suivi téléphonique varie d’une pharmacie à l’autre. «Les pharmaciens devraient tous pouvoir le faire, mais il faut le planifier dans ses tâches, croit-elle. Dans les plus grosses pharmacies, on essaie de moduler le service en conséquence, mais ce n’est pas toujours évident. La Loi 41 nous confère beaucoup plus de responsabilités qu’avant, si bien qu’on n’a parfois même pas le temps de manger.»

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