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Violence conjugale: la Maison Hina est à bout de souffle

Myriam Tougas-Dumesnil
Violence conjugale: la Maison Hina est à bout de souffle
La Maison Hina fait face à un taux d'occupation record depuis plus d'un an. Des femmes victimes de violence se voient refuse l'hébergement. (Photo : Depositphotos)

ACTUALITÉ – La Maison Hina est à bout de souffle et de ressources. L’organisme, qui vient en aide aux femmes victimes de violence conjugale pour tout le territoire de la MRC du Haut-Richelieu, fait face à un taux d’occupation record. Régulièrement, des femmes se voient refuser l’hébergement, faute de place. Les intervenantes sont épuisées et la directrice générale craint de devoir couper dans les services.

Il y a quelques jours, la présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale faisait une sortie publique pour réclamer une rencontre avec la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann.

«Nos maisons tournent à pleine capacité, nos équipes sont à bout de souffle, déplorait Chantal Arseneault. Nous avons besoin d’engagements de la part du gouvernement.»

Touchées par la pénurie de main-d’œuvre et incapables d’offrir des conditions de travail concurrentielles, les maisons membres du Regroupement peinent à recruter des intervenantes. Les besoins augmentent, mais le financement stagne. Résultats: des coupes dans les services et des équipes épuisées.

Occupation record

À la Maison Hina, le téléphone ne dérougit pas depuis un an et demi. L’organisme dispose de 14 places réparties en sept chambres qui sont constamment occupées.

L’an dernier, on y avait enregistré un taux d’occupation record de 87 %. 111 femmes et 106 enfants y avaient été hébergés. 2019 n’est pas terminée, mais l’organisme aurait déjà franchi ce cap.

L’achalandage force les intervenantes de la Maison Hina à en refuser l’accès à des femmes qui veulent s’y réfugier. «C’est crève-cœur», confie Nathalie Villeneuve, directrice générale de l’organisme. Elle se souvient d’une journée particulièrement pénible où trois femmes ont essuyé un refus.

Celles qui se rivent à des portes closes ne sont pas abandonnées. Les intervenantes de la Maison Hina établissent avec elles un plan d’action et de protection. Elles les invitent à rappeler quotidiennement pour vérifier la disponibilité des chambres.

Les plus chanceuses sont hébergées temporairement chez un membre de leur famille ou chez des amis. Mais ce n’est pas toujours possible. Certaines femmes victimes de violence sont isolées et n’ont personne chez qui s’installer. «Je mentirais si je disais qu’aucune d’entre elles ne décide de rester [avec son conjoint]», déplore Mme Villeneuve.

Financement

Le manque de financement empêche les maisons pour femmes victimes de violence de mener à bien leur mission. Selon le Regroupement, plusieurs d’entre elles ont dû couper dans leurs services pour assurer l’hébergement des femmes et des enfants.

Nathalie Villeneuve sait que si rien ne change, elle devra bientôt faire des choix déchirants. «Dès l’an prochain, on va devoir se demander où on coupe. C’est imminent», se désole-t-elle.

Je sais très bien qu’on ne pourra pas tenir ce rythme-là encore longtemps.

Nathalie Villeneuve, directrice générale de la Maison Hina

En plus de l’hébergement, la Maison Hina offre un service d’écoute téléphonique en tout temps. Deux de ses intervenantes travaillent auprès des femmes violentées, mais qui ne sont pas hébergées. Leur agenda déborde.

L’organisme fait aussi de la sensibilisation et de la prévention dans les écoles, en plus d’accompagner les femmes en cour lors des procédures judiciaires. Les coupes pourraient affecter un ou plusieurs de ces services.

Conditions de travail

Le manque de ressources financières nuit aussi à la rétention du personnel dans les maisons d’hébergement. «On perd nos employées au profit du réseau, explique Nathalie Villeneuve. On ne peut pas rivaliser avec les conditions de travail alléchantes qu’il offre.»

Celle qui travaille en maison d’hébergement depuis 27 ans rappelle qu’en 2004, le gouvernement avait injecté de l’argent dans les ressources pour femmes victimes de violence. «Ça nous avait permis de consolider nos services et de rattraper les conditions du milieu. Quinze ans plus tard, on est revenues à la case départ», dénonce-t-elle.

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale veut rencontrer la ministre McCann pour lui présenter son plan d’action.

Pour joindre la Maison Hina, on compose le 450 346-1645.

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