La maladie d’Alzheimer sans les aidants, une invraisemblance

Ryna St-Pierre, Société Alzheimer Haut-Richelieu
La maladie d’Alzheimer sans les aidants, une invraisemblance
En 2017, seulement 3,2 % des proches aidants ont obtenu un crédit d’impôt pour un montant moyen de 550 $. (Photo : gracieuseté)

AÎNÉS – On ne le dira jamais assez, les aidants de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, vous devez prendre soin de vous! Facile à dire, répondrez-vous? Malheureusement, vous avez bien raison.

En 2015, on estimait que 85 % des soins aux aînés étaient assurés par les proches aidants. On estimait d’ailleurs qu’il en coûterait entre 4 et 10 milliards de dollars s’il fallait embaucher 1,2 million de professionnels à temps complet pour remplacer les heures effectuées par les proches aidants.

Selon l’Institut de la Statistique du Québec, en 2014, pas moins de 57 % des proches aidants occupaient un emploi. Au Canada, la réduction des heures de travail des proches aidants aurait entraîné une perte de revenu d’environ 16 000 $ par année pour les proches aidants. Les entreprises canadiennes quant à elles perdraient 1,3 milliard de dollars par année en baisse de productivité, paiement de congés et coûts de remplacement.

Recettes fiscales

Toujours au Canada, on estime à 641 M$ les sommes perdues par le gouvernement en recettes fiscales ou en prestations sociales additionnelles reliées à la réduction des heures de travail des proches aidants et à la perte de productivité causée par leurs absences.

En 2017, seulement 3,2 % des proches aidants ont obtenu un crédit d’impôt pour un montant moyen de 550 $ (Conseil du Statut de la Femme, 2018). Mais là on ne parle que d’argent, il faut aussi parler des impacts sur la santé et la vie active des proches aidants.

En 2014, on estimait que 64 % des proches aidants avaient diminué leurs activités sociales ou de détente, 50 % avaient réduit leur temps avec leur propre conjoint et 34,5 % ont changé, annulé leurs vacances ou arrêté d’en prendre (Institut de la Statistique du Québec, 2014).

Pire encore, on estime qu’être proche aidant réduirait de quatre à huit années la durée de la vie, en raison de l’impact du stress vécu par celui-ci (Glaser 2007).

Ces statistiques parlent des proches aidants des aînés en général, toutefois on peut comprendre qu’une grande partie de ceux-ci sont des personnes atteintes de troubles cognitifs à des degrés divers.

Lorsqu’on sait que le nombre de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée va littéralement exploser au cours des prochaines années, on est en droit de se demander ce qui adviendra d’elles.

Que peut-on faire?

Toutes les parties s’entendent. On veut faire en sorte de permettre aux personnes atteintes de rester dans leur maison le plus longtemps possible, mais on s’entend également sur le fait que, pour ce faire, il faudra changer notre mode de fonctionnement.

Il est peut-être devenu plus important d’investir dans les humains que dans les immeubles. Apporter le soutien financier nécessaire aux aidants pour leur permettre de prendre soin convenablement de leurs proches est sans doute la façon de faire la moins coûteuse socialement, mais surtout, la plus bienveillante et la plus digne pour les aînés.

Pour plus d’information, contactez la Société Alzheimer Haut-Richelieu au 450 347-5500 ou visitez notre site Web (www.sahr.ca) et notre page Facebook Société Alzheimer Haut-Richelieu.

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Maxime Veilleux
Maxime Veilleux
5 mois

Bonjour,
Je voudrais savoir si cette statistique mentionné au début de l’article est pour le Québec ou pour le Canada ?

« En 2015, on estimait que 85 % des soins aux aînés étaient assurés par les proches aidants. On estimait d’ailleurs qu’il en coûterait entre 4 et 10 milliards de dollars s’il fallait embaucher 1,2 million de professionnels à temps complet pour remplacer les heures effectuées par les proches aidants. »

Merci pour l’article.