École Saint-Viateur à Saint-Rémi: les automobilistes ne respectent pas les signaux d’arrêt des autobus

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Par Marc-André Couillard
École Saint-Viateur à Saint-Rémi: les automobilistes ne respectent pas les signaux d’arrêt des autobus
Natalie Côté est témoin presque chaque jour d'automobilistes qui ne s'arrêtent sur la rue Saint-Viateur, même si le panneau d'arrêt de son autobus est déployé. (Photo : Coup d'œil – Marc-André Couillard)

ACTUALITÉ – Natalie Côté est chauffeuse d’autobus scolaire à Saint-Rémi. Pratiquement tous les jours, elle est témoin d’automobilistes qui ne font pas leur arrêt obligatoire sur la rue Saint-Viateur, lorsque les panneaux d’arrêt des autobus garés en bordure de la rue sont déployés.

Lors de notre passage, le 24 novembre, un premier automobiliste a ignoré les panneaux d’arrêts qui étaient déployés et s’est fait arrêter par un patrouilleur de la Sureté du Québec qui était camouflé.

Alors que le policier procédait à l’interpellation du conducteur fautif, un deuxième véhicule est passé devant la demi-douzaine d’autobus dont les panneaux d’arrêt étaient ouverts, croisant au passage la voiture de police dont les gyrophares étaient allumés.

«C’est toujours pareil et ça empire», déplore Mme Côté.

Est-ce par distraction, par négligence ou par ignorance, probablement un peu des trois, estime la chauffeuse.

La théorie la plus plausible qui expliquerait pourquoi autant d’automobilistes ne respectent pas leur arrêt obligatoire est le fait que les autobus sont stationnés dans un débarcadère et ils semblent donc être à l’extérieur de la voie publique.

«J’ai parlé à quelques automobilistes et ils ne comprennent pas pourquoi ils devraient arrêter, alors que l’autobus est loin de la voie, dit Mme Côté. Pourtant c’est clair que dès que tu vois un panneau d’arrêt, tu dois arrêter.»

Mme Côté remarque que le problème est moins important le matin parce que le débarquement se fait plus rapidement, en cinq minutes environ.

À la fin des classes, l’embarquement commence à 15 h 5. «Des responsables viennent reconduire les enfants jusqu’à l’autobus. Quand on voit les enfants arriver, on ouvre les panneaux, précise Mme Côté. L’embarquement prend environ dix minutes.»

Nombreux sont les parents qui se stationnent de l’autre côté de la rue, face à la rangée d’autobus garés dans le débarcadère. Il est pourtant interdit de s’arrêter à cet endroit. «Les parents débarquent leurs enfants à cet endroit et ils restent pris, remarque Mme Côté. Plusieurs décident de repartir même si nos panneaux d’arrêt sont ouverts.»

Événements troublants

Le 23 novembre, alors que Mme Côté était arrêtée sur le rang Sainte-Thérèse pour faire embarquer un enfant, une voiture est passée à grande vitesse à côté d’elle, ignorant l’arrêt obligatoire.

«J’ai vu toutes sortes d’affaires, comme une maman qui venait d’embarquer ses enfants, avant de passer sur les panneaux, raconte-t-elle. Comment se fait-il qu’elle ne sait pas qu’il faut s’immobiliser? Elle a elle-même des enfants à l’école! Il y a des parents et des enfants qui traversent à pied entre les autobus stationnés. Je les avertis toujours de ne pas faire ça.»

«J’ai aussi vu un monsieur qui s’en venait du même côté que les autobus, en avançant sur les panneaux d’arrêt, poursuit Mme Côté. J’ai ouvert ma fenêtre et je lui ai fait signe. Au lieu de s’arrêter, il a changé de voie. Il s’est placé dans la voie de gauche, dans le sens contraire du trafic et il a continué son chemin.»

«J’adore ce que je fais. C’est mon monde, les petits, et c’est ma mission de les protéger, confie Mme Côté. On dit qu’on conduit un autobus, mais on ne devrait pas dire ça. Ce n’est pas de la marchandise. Ce sont des petits enfants que les parents attendent précieusement à la maison. C’est précieux ce que j’ai dans l’autobus!»

Ceux qui auront été prévenus et qui n’auront pas bougé, s’il arrive quelque chose, je ne le souhaite pas, mais ils auront ça sur la conscience.

-Natalie Côté, chauffeuse d’autobus scolaire

Mme Côté fait appel à la mairesse de Saint-Rémi et à la police pour corriger la situation.

Réaction

La mairesse de Saint-Rémi, Sylvie Gagnon-Breton, reconnait qu’il s’agit d’un problème de longue date.

«Nous avions ce problème avant que je sois mairesse. C’est l’ancien conseil qui avait décidé de construire le débarcadère pour les autobus», dit-elle.

Un rappel a été envoyé aux citoyens par le biais du bulletin municipal, au début de l’année scolaire, affirme la mairesse.

«Je suis allée sur place le 15 septembre et j’ai demandé à la directrice de l’école de rappeler les consignes de sécurité aux parents, rappelle Mme Gagnon-Breton. À chaque début d’année scolaire, on fait un plan de match avec la Sûreté du Québec et on leur demande d’être présent et c’est ce qu’ils ont fait.»

Au moins trois constats d’infraction et plusieurs avertissements ont été remis à des automobilistes à cet endroit, depuis le début de l’année scolaire, affirme la directrice générale à la Ville de Saint-Rémi, Nancy Corriveau. Les constats remis pour cette infraction sont 314 $ et 9 points d’inaptitude.

Pour tenter de corriger la situation, la Ville entend communiquer avec la SQ et jongle avec l’idée de poster un employé de la ville à proximité du débarcadère pour informer et sensibiliser les automobilistes.

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