Élections municipales le 7 novembre: les femmes invitées à se porter candidates

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Par Marc-André Couillard
Élections municipales le 7 novembre: les femmes invitées à se porter candidates
À l'échelle de notre région, seulement trois femmes ont été élues mairesses en 2017, contre huit hommes au poste de maire, parmi les onze municipalités que compte la MRC des Jardins-de-Napierville. (Photo : Depositphotos)

ACTUALITÉ – Il y aura une élection générale pour élire maires et conseillers dans toutes les municipalités du Québec, le 7 novembre 2021. Depuis plusieurs mois, l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et la Fédération québécoise des municipalités (FQM), appellent les femmes à se porter candidates en grand nombre. Leur objectif: atteindre une zone paritaire, qui compterait au moins 40 % de femmes élues.

Lors de la dernière élection municipale, en 2017, la proportion d’élues au poste de mairesse n’était que de 19 % au Québec. De plus, les femmes n’occupaient que 35 % des postes de conseiller, selon les données du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation.

À l’échelle de notre région, seulement trois femmes ont été élues mairesses en 2017, contre huit hommes au poste de maire, parmi les onze municipalités que compte la MRC des Jardins-de-Napierville. Il s’agit de Lise Sauriol, à Saint-Jacques-le-Mineur, Chantale Pelletier, à Napierville, et Sylvie Gagnon-Breton, à Saint-Rémi.

De la même façon, seules 18 femmes ont été élues au poste de conseillère dans les Jardins-de-Napierville, tandis que 48 hommes ont été élus comme conseiller. Le portrait était identique lors de l’élection de 2013.

Du côté de la MRC du Haut-Richelieu, une seule femme avait été élue au poste de mairesse parmi les six municipalités qui se trouvent sur le territoire couvert par le Coup d’œil, soit Renée Rouleau, à Saint-Georges-de-Clarenceville. Cette dernière a démissionné au mois de juillet et a depuis été remplacée par un maire.

Valoriser le travail des femmes

La mairesse de Saint-Jacques-le-Mineur, Lise Sauriol, fait partie du comité Femmes et politique, à la FQM, depuis 2018.

«Notre objectif est de valoriser et de promouvoir le travail des femmes qui gravitent dans le monde municipal pour atteindre la zone paritaire, dit-elle. La population est à majorité féminine, mais il n’y a pas de représentation féminine majoritaire dans les conseils municipaux.»

Ce comité a réalisé plusieurs actions depuis sa fondation, dont la création du prix Elsie-Gibbons, remis chaque année à une femme qui travaille à l’avancement des femmes en politique. Ce comité a aussi élaboré une politique de l’égalité qui a été adoptée par la FQM et qui a servi de modèle à plusieurs MRC et municipalités, dont celle de la MRC des Jardins-de-Napierville.

La mairesse de Saint-Jacques-le-Mineur, Lise Sauriol, est membre du comité Femmes et politique, à la Fédération québécoise des municipalités, depuis 2018.

Obstacles

Une des premières actions menées par le comité Femmes et politique de la FQM, a été de commander une étude réalisée par une chercheuse de l’Université de Sherbrooke.

Cette dernière a sondé 600 élus pour tenter de comprendre pourquoi les femmes étaient peu enclines à s’impliquer en politique municipale.

La difficile conciliation travail-famille est l’un des principaux obstacles qui ont été identifiés. Les femmes seraient aussi moins confiantes par rapport à leur compétence.

«Selon la chercheuse, une femme qui pourrait être motivée et intéressée par la politique va quand même se poser la question de savoir si elle a les capacités et les connaissances pour le faire», explique Mme Sauriol.

Elle-même a rencontré ces difficultés lorsqu’elle a tenté de recruter des femmes dans son équipe. Son conseil municipal ne compte qu’une seule femme au poste de conseillère.

«J’aurais aimé avoir plus de femmes, confie Mme Sauriol. Quand j’ai recruté, certaines me disaient qu’elles ne connaissaient pas ça. Les hommes se demandent seulement s’ils ont envie ou pas et ils vont essayer.»

Au-delà de la difficulté d’attirer les femmes en politique, Mme Sauriol croit qu’il faut s’attarder au problème de rétention des élues.

Le pouvoir féminin, pour moi, c’est l’équipe, la collaboration.

-Lise Sauriol, mairesse de Saint-Jacques-le-Mineur

«Pour moi, c’est ça qui est l’enjeu présentement, affirme Mme Sauriol. Une fois qu’elles sont en politique, il faut être capable de les soutenir. Ça prend des structures de gouvernance et des lois pour leur permettre de poursuivre leur engagement. Si on prend les cas de harcèlement ou d’incivilité, il n’y a pas de loi qui s’applique. Le changement demandé va servir autant aux hommes qu’aux femmes. L’idée, c’est d’assainir le climat et le milieu municipal.»

«On a des questions à se poser, poursuit-elle. Ça fait des années qu’on dit qu’il faut qu’il y ait plus de plus femmes en politique. Pourquoi ça ne fonctionne pas?»

Plus de parité chez les jeunes

Maude Laberge est la mairesse de la municipalité de Sainte-Martine. Elle est aussi la présidente de la Commission Femmes et gouvernance de l’UMQ. Elle n’avait que 34 ans lorsqu’elle a été élue, d’abord comme conseillère.

Cette instance a réalisé plusieurs actions depuis 2004 pour favoriser la participation des femmes à la politique municipale.

«Il y a une statistique qui me parle beaucoup, dit Mme Laberge. Chez les élus de moins de 35 ans, 42 % sont des femmes, tandis que chez les élus de plus 65 ans, seulement 6 % sont des femmes. Plus ça va, plus la parité est un réflexe. La problématique est que seulement 8 % des élus ont moins de 35 ans. Depuis les 15 à 20 dernières années, il n’y a que 2 % de plus de femmes à chaque élection. En 2017, on a élu que 207 mairesses sur un total d’environ 1100 municipalités.»

«C’est plus difficile de prendre sa place si on est seule, poursuit Mme Laberge. On dit que pour arriver à une culture paritaire, ça prend 30 % de femmes dans un conseil pour réussir à changer le réflexe et avoir des échanges plus paritaires.»

Selon elle, les qualités requises pour se porter candidate sont la bonne volonté, l’honnêteté, l’engagement et le désir d’améliorer la qualité de vie de sa communauté.

«L’implication comme conseillère est très intéressante parce que tu vois la réalisation des projets, conclut Mme Laberge. Tu vois l’amélioration de la qualité de vie de ta famille, de tes voisins, de tes concitoyens. C’est l’implication qui a le plus d’impacts positifs sur le terrain, que l’on pense à la sécurité routière, au verdissement ou à la valorisation d’un parc. On améliore la qualité de vie des gens et ça nous motive.»

La mairesse de Sainte-Martine, Maude Laberge, est la présidente de la Commission Femmes et gouvernance de l’Union des municipalités du Québec.

Conférences D’Elles à Élues

L’UMQ organise des événements virtuels dans le cadre de sa campagne D’Elles à Élus, dans le but d’encourager les femmes à se lancer en politique municipale.

Lors de ces événements, douze ambassadrices, qui sont des mairesses et des conseillères de partout au Québec, partagent leur expérience avec de potentielles candidates.

Ces rencontres sont enregistrées et peuvent être visionnées sur le site umq.qc.ca/ellesaelues/.

D’autres conférences D’Elles à Élues auront lieu d’ici à l’été 2021, mais la programmation n’est pas encore dévoilée.

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