Jardins-de-Napierville: vers une gestion collective des terres noires

Photo de Marc-André Couillard
Par Marc-André Couillard
Jardins-de-Napierville: vers une gestion collective des terres noires
Isabelle Matteau, coordonnatrice du Pôle d'excellence en lutte intégrée du CLD des Jardins-de-Napierville. (Photo : gracieuseté)

AGRICULTURE – La MRC des Jardins-de-Napierville reçoit une subvention de 713 634 $ du  ministère de l’Environnement pour la mise en place d’un projet de gestion collective des bassins de terres noires sur son territoire, d’ici 2023. Ce projet, dont la valeur totale s’élève à près de 1 M$, vise à préserver les terres noires face aux changements climatiques, dont les impacts se font sentir à l’échelle régionale. C’est pourquoi les solutions à appliquer pour les atténuer devront être collectives.

L’agriculture est le moteur économique de la MRC des Jardins-de-Napierville. L’enjeu de la protection des terres noires est central pour l’économie de la région et le bien-être de sa population.

«La mise en culture des terres noires a changé le paysage, explique Isabelle Matteau, coordonnatrice du Pôle d’excellence en lutte intégrée (PELI) du Centre local de développement des Jardins-de-Napierville (CLD). Or, toute modification peut en compromettre la résilience face aux changements climatiques. En plus d’accentuer les défis en matière de gestion de l’eau, les changements climatiques vont influencer la dispersion de certains ravageurs.»

Partenaires

Le CLD a donc décidé de réunir plusieurs partenaires pour soumettre une demande d’aide financière au ministère de l’Environnement, dans le but de mettre en place ce projet de co-construction d’un nouveau modèle de gestion collective des terres noires.

Parmi les partenaires qui y participent, on compte le CLD, qui s’occupe de la coordination et de l’administration, tandis que la MRC des Jardins-de-Napierville, Pleine Terre et la compagnie de recherche Phytodata, vont dresser un portrait de la situation et identifier les zones à risque.

La Maison de l’innovation sociale et Dark Matter Labs seront responsables de la démarche de recherche de solutions et de l’identification de différents scénarios.

Ces derniers réaliseront ce travail à partir du plan de gestion collective qui sera élaboré par les acteurs sur le terrain, soit les agriculteurs, les chercheurs, les agronomes, les organismes de bassins versants, les ministères provinciaux et fédéraux, ainsi que tout acteur qui aura été identifié lors de la première phase de la démarche.

En assumant le leadership dans ce projet, nous voulons faire converger les intérêts de tous les acteurs concernés vers une solution commune pour que tous en sortent gagnants.

-Michel Charbonneau, directeur général du CLD des Jardins-de-Napierville

«Cette nouvelle forme de gestion implique de tenir compte de la répartition des ravageurs, d’identifier les zones à risque, de prévoir la création ou la restauration de milieux naturels aux endroits critiques et de mettre en place des mécanismes de compensation et d’échange acceptables par toutes les parties prenantes», précise Mme Matteau.

Étapes

D’ici 2023, différentes études seront produites sur le terrain, afin d’identifier les zones qui sont fragilisées par les changements climatiques.

«L’objectif est d’élaborer un plan d’action régional qui sera co-construit par tous les acteurs qui vont y participer, indique Mme Matteau. Nous allons regarder ce qui se fait ailleurs dans le monde et explorer quels mécanismes financiers ou réglementaires nous pouvons mettre en place. D’ici trois ans, le but est d’avoir un plan de gestion concerté et prêt à être mise en œuvre.»

Agriculteurs recherchés

Ce projet se réalisera par la co-construction d’un modèle de gestion des terres noires. Cela signifie que ce sont les agriculteurs et les acteurs concernés par les enjeux en terres noires qui détermineront les problématiques à prioriser et les moyens pour y remédier, ensemble.

«Ces enjeux touchent de nombreux acteurs, aux responsabilités parfois concurrentes et aux intérêts divergents, ce qui complexifie l’élaboration de solutions acceptables par tous, convient Mme Matteau. C’est pourquoi ce projet est une excellente nouvelle puisqu’il nous fournira un cadre gagnant pour anticiper et remédier à ces enjeux.»

Ainsi, pour lancer cette démarche, les agriculteurs en terre noire sont invités à participer en grand nombre à l’élaboration de ce nouveau modèle de gestion collective.

«Les agriculteurs doivent être au cœur de la démarche, insiste Mme Matteau. Comme ils sont les mieux placés pour nous informer des enjeux, ils seront impliqués tout au long du processus afin que le modèle de gestion collective corresponde à leurs réalités.»

Les producteurs en terre noire qui veulent participer à ce projet sont invités à s’inscrire à une liste d’envoi sur le site Internet: fr.surveymonkey.com/r/PXMSXLW.

Pour obtenir plus d’information, il est aussi possible de joindre Mme Matteau par courriel à l’adresse peli@cld-jardinsdenapierville.com ou en composant le 450 245-7289.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires