Madeleine Zumstein reçoit le titre d’Agricultrice de l’année

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Par Marc-André Couillard
Madeleine Zumstein reçoit le titre d’<i>Agricultrice de l’année</i>
À l'avant au centre, on aperçoit Madeleine Zumstein, entourée des trois autres finalistes au titre d'Agricultrice de l'année, soit Sylvie Bissonnette, Élisabeth Fortin et Guylaine Chayer. (Photo : gracieuseté)

Agriculture. Madeleine Zumstein a été couronnée du titre d’Agricultrice de l’année lors du 24e Gala des Agricultrices de la Montérégie-Ouest, qui se tenait le 1er octobre, à Saint-Michel. Elle a été choisie parmi les quatre finalistes en raison de son parcours semé d’embûches, qu’elle a su traverser avec courage et détermination.

« Je suis vraiment contente de recevoir ce prix, explique Mme Zumstein. C’est une reconnaissance pour toutes ces années de travail acharné, 365 jours par année. »

Pour moi, ce diplôme vaut plus que tout au monde parce que j’ai travaillé tellement fort pour l’obtenir.

Madeleine Zumstein

Si aujourd’hui, elle dirige une entreprise florissante, Production Barry, avec son frère, elle a dû travailler d’arrache-pied pour gagner sa place et faire partie de la relève de l’entreprise familiale. « Je suis une personne qui aime les défis et je suis venue au monde avec un bon caractère et je n’ai jamais eu peur de foncer. Ça aide », confie la lauréate.

Embûches

Mme Zumstein est née de parents qui ont immigré au Québec, depuis la Suisse. « Je viens d’une famille très traditionnelle, où la place de la femme en agriculture n’était pas quelque chose d’acquis. C’était l’homme qui devait prendre la relève de la ferme », raconte-t-elle.

Malgré tout, dès son jeune âge, Mme Zumstein démontre un vif intérêt pour le travail à la ferme. « Dès que mon frère apprenait quelque chose, je poussais pour l’apprendre à mon tour. Par contre, il a fallu chaque fois que je prouve que j’étais digne de cette confiance. Mon frère n’avait pas à faire ça parce que c’était un homme. »

Éducation

Issue d’une famille qui était aussi très religieuse, Madeleine Zumstein n’a pas fréquenté l’école. « Mes parents ont privilégié l’école à la maison parce qu’ils jugeaient qu’à l’école, on apprenait des choses qui vont à l’encontre de la religion », précise-t-elle.

L’ennui, c’est que son dossier est « tombé entre deux chaises » et elle n’a jamais été convoquée pour faire ses examens ministériels.

« À l’âge de 18 ans, j’ai réalisé que je n’avais aucun diplôme, confie l’agricultrice. J’ai donc fait des démarches pour retourner à l’école des adultes. J’ai dû refaire tous les examens, de la 1re à la 5e secondaire, dans toutes les matières obligatoires. Ça m’a pris six hivers, en plus de mon travail. »

Succès d’entreprise

Madeleine Zumstein et son frère étaient actionnaires de l’entreprise familiale dès 2000, mais ils en ont racheté toutes les parts en 2009. Ils cultivent 30 hectares d’oignons verts et 18 hectares de coriandre et ils emploient une soixantaine de travailleurs.

« De 2000 à 2022, notre chiffre d’affaires a augmenté de 80 %, illustre Mme Zumstein. J’ai travaillé énormément pour maximiser chaque mètre carré de la terre que je possède et je fais une gestion financière irréprochable. »

Femmes

Mme Zumstein ressent énormément de fierté d’avoir pour avoir reçu ce prix. « Je vais être une fière -porte-parole de l’agriculture au féminin, conclut-elle. Il est important que les femmes y trouvent leur place. Quand une femme a envie de faire un métier, il ne devrait pas y avoir d’embûche du fait que c’est une femme. Ce n’est pas un handicap, mais bien un atout. »

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