Saint-Blaise-sur-Richelieu: des milliers de chevaux sauvés grâce à Galahad

Myriam Tougas-Dumesnil
Saint-Blaise-sur-Richelieu: des milliers de chevaux sauvés grâce à Galahad
En 11 ans, l'organisme à but non lucratif Galahad, fondé par Chamie Angie Cadorette (notre photo), a permis à des milliers de chevaux comme Enzo de vivre une vie meilleure. (Photo : Le Canada Français – Kim Valiquette)

ACTUALITÉ – En 2008, Chamie Angie Cadorette fondait Galahad, un organisme à but non lucratif dédié à la défense des droits des chevaux. En 11 ans, grâce à son vaste réseau de refuges, la résidente de Saint-Blaise-sur-Richelieu a permis à des milliers d’équidés d’échapper à la maltraitance ou à l’abattoir. Les téléspectateurs pourront découvrir son histoire à l’émission Animaux à la retraite, sur les ondes de TVA.

Mme Cadorette nous a accueillis chez elle. Sortant de sa maison, elle nous mène directement à son écurie qui abrite Gisèle, une jument de 13 ans, et Enzo, un mâle de 11 ans.

Étonnamment, aucun des deux n’attire en premier notre attention. Ce qui surprend, c’est plutôt la douce musique classique qui sort des haut-parleurs. «Ils aiment ça», rigole la directrice générale de Galahad.

Tout en attrapant une balle de foin destinée aux deux gourmands, elle nous raconte avoir vu son lot de chevaux négligés ou victimes d’abus. C’est aussi bien connu dans le milieu équestre: les bêtes devenues «inutiles», soit parce qu’elles sont blessées ou trop vieilles pour accomplir les tâches qu’on leur confie, risquent l’euthanasie.

«Les gens ont peur de ne pas trouver une bonne famille pour leur cheval et finissent souvent par l’euthanasier», déplore l’entraîneure d’équitation. Or, argue-t-elle, ces animaux pourraient servir à l’équithérapie, permettre d’initier les enfants à l’équitation ou simplement couler des jours heureux dans une prairie.

L’organisme

Cette deuxième vie, Galahad l’offre aux chevaux de partout au Québec. Les propriétaires qui doivent abandonner leur animal peuvent contacter l’organisme pour le placer en adoption. Certains le font parce qu’ils éprouvent des difficultés financières, d’autres parce qu’ils veulent garantir une belle fin de vie à un cheval vieillissant, blessé ou malade.

Galahad agit en quelque sorte comme une agence de placement. Toute personne souhaitant adopter un animal auprès de l’organisme doit d’abord en devenir membre. Elle reçoit par la suite la visite d’un de ses 45 agents de sensibilisation et d’approbation, qui vérifie qu’elle respecte les lois et répond aux exigences du Code de pratiques pour le soin et la manipulation des équidés.

Le propriétaire d’un cheval mis en adoption choisit la personne qui en prendra soin. Les deux parties sont liées par un contrat qui empêche l’adoptant de vendre ou d’envoyer l’animal à l’abattoir (une euthanasie dite humanitaire est permise). Le donateur peut avoir des nouvelles du cheval chaque année, mais l’abandon est définitif.

Le réseau de Galahad comprend aussi une quarantaine de refuges temporaires qui accueillent les équidés saisis par la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA). Ceux-ci y sont hébergés parfois jusqu’à 2 ans, soit jusqu’à ce qu’un juge ordonne leur retour chez leur propriétaire ou leur adoption.

Plus d’abandons?

Chamie Angie Cadorette a elle-même adopté ses deux chevaux. À seulement quatre ans, l’affectueux Enzo est passé bien proche de l’euthanasie. «Il a des champignons à un œil et les traitements coûtent cher», explique Mme Cadorette.

Aujourd’hui, Enzo a 11 ans. Bien qu’un peu trop dodu selon sa propriétaire, il est en pleine forme. Quant à elle, Gisèle souffre d’un cancer et d’arthrose. Les traitements nécessaires à son bien-être sont aussi onéreux, mais la jument blanche est traitée aux petits oignons.

Les difficultés financières forcent souvent les propriétaires à abandonner leur cheval. La fondatrice de Galahad craint que la hausse du prix du foin entraîne une augmentation des abandons. La sécheresse de l’été dernier a provoqué une pénurie de la ressource et son prix a pratiquement doublé, passant de 4$ à 7$ la balle.

Trois ou quatre chevaux s’ajoutent chaque mois à la liste des bêtes mises en adoption par le biais de Galahad. L’organisme ne reçoit aucune subvention pour financer ses services. Seuls les dons et la collaboration des propriétaires de refuges lui permettent de mener à bien sa mission.

Pour en savoir plus ou pour faire un don, on visite le www.refugegalahad.com. Pour signaler un cas de négligence ou d’abus, on compose le 1-844-animaux.

L’émission Animaux à la retraite est diffusée le mardi, à 19 h.

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Mario Di Matteo
Mario Di Matteo
3 années

savez vous s’il y a assos en moselle pou récupérer 2 chevaux dont proprios décédés. ?

Pierre
Pierre
2 années

On peut tu avoir un cheval