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Prière aux séances du conseil municipal: Une pratique encore répandue dans la région

Prière aux séances du conseil municipal: Une pratique encore répandue dans la région
Le maire de Napierville

Religion – «Nous vous supplions, ô Esprit-Saint, de nous éclairer dans nos délibérations.» C’est ainsi que débutent les séances du conseil de Napierville. Ce n’est pas la seule municipalité où l’on récite la prière. Dans la foulée du jugement rendu par la Cour suprême du Canada la semaine dernière, le Coup d’œil a réalisé un petit sondage pour savoir si cette pratique était répandue dans la région.

On récite une prière avant les séances du conseil municipal dans cinq des 17 municipalités que couvre le Coup d’œil, dont Saint-Rémi, Saint-Michel, Sainte-Clotilde, Saint-Valentin et Napierville. À cela s’ajoute le conseil des maires de la MRC des Jardins-de-Napierville.

Ces prières prennent différentes formes. À Saint-Valentin, la prière est inscrite à l’ordre du jour des séances du conseil. On récite: «Saint-Valentin, priez pour nous». À Napierville, elle est plus élaborée. Le texte compte trois paragraphes, mais dans les faits, on n’en récite que le premier.

Selon les juges du plus haut tribunal au pays, la prière récitée par les élus contrevient à l’obligation de neutralité religieuse de l’État. Ils considèrent cette pratique comme discriminatoire.

Réactions

Lorsque nous avons communiqué avec les municipalités, le jugement venait tout juste d’être rendu. Certains élus n’en avaient pas encore pris connaissance. «Il n’y a pas de règlement municipal concernant la prière, explique Cynthia Ménard, responsable des communications pour la Ville de Saint-Rémi. On le fait par tradition. On est à l’étape d’aviser le conseil de la décision qui a été rendue et il va prendre une décision à la prochaine rencontre.»

Le maire de Napierville, Jacques Délisle, pense que cette pratique devrait rester, tout en précisant que ce n’est pas à lui à décider. «Moi, personnellement, je continuerais à le faire, dit-il, mais c’est mon opinion personnelle. Je n’ai aucun poids de plus qu’un autre. On va en discuter en groupe.»

La mairesse de Saint-Jacques-le-Mineur, Lise Trottier, a demandé qu’une résolution soit votée pour l’abolition de la prière aux assemblées de la MRC. La directrice générale de la MRC, Nicole Inkel, précise que cette pratique ne dépend que du bon vouloir des maires. Elle est récitée par le préfet.

Ailleurs

Dans les autres municipalités, on ne récite pas la prière. Certains respectent un moment de recueillement. D’autres, comme à Clarenceville, lisent un texte laïc. «Nous avons notre moment zen d’avant-conseil, explique la mairesse Renée Rouleau. C’est pour moi un moment d’intériorisation qui nous ramène à l’essentiel de ce rassemblement.»

Selon le professeur en études religieuses de l’Université de Sherbrooke, Pierre Noël, cette pratique remonterait au Moyen-Âge, vers l’an 1000. De nos jours, ce phénomène n’est pas unique au Québec, explique-t-il. On l’observe aussi en Ontario, dans les Maritimes et aux États-Unis, autant dans le monde protestant que catholique.

Aujourd’hui, la prière n’a plus la même fonction qu’à cette époque. Les élus qui la récitent y voient souvent une façon de défendre les traditions et les valeurs québécoises. «C’est un marqueur identitaire. Ils se considèrent eux-mêmes en mission, soutient le professeur Noël. Ce sont des gens qui ont parfois peur de la différence. On peut trouver que c’est dommage, mais le Québec d’autrefois est perdu à jamais. La société est plurielle et elle est là pour rester.»

Prière que récite le maire de Napierville en début de séance

«Nous vous supplions, Ô Esprit-Saint, de nous éclairer dans nos délibérations. Rendez-nous conscients de nos devoirs civiques, enseignez-nous à pratiquer les vertus chrétiennes, et, spécialement, la prudence, la justice et la charité.»

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