Plan d’agriculture durable 2020-2030: les agriculteurs qui respecteront l’environnement seront compensés

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Par Marc-André Couillard
Plan d’agriculture durable 2020-2030: les agriculteurs qui respecteront l’environnement seront compensés
Isabelle Matteau, coordonnatrice au PELI, Jocelyn Leclair, président du PELI, ainsi que Jean-Bernard et Denys Van Winden, membres du comité directeur du PELI, lors de leur audition en commission parlementaire sur les pesticides, en 2019. (Photo : gracieuseté)

AGRICULTURE – Le gouvernement du Québec alloue une somme de 70 M$ pour rétribuer les agriculteurs qui adopteront des pratiques respectueuses de l’environnement allant au-delà des exigences réglementaires qui sont en place. Cette annonce a été faite lors du dévoilement du Plan d’agriculture durable 2020-2030.

Cette annonce, faite par le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne à l’automne 2020, répond à une demande de longue date des membres du Pôle d’excellence en lutte intégrée (PELI) du Centre local de développement des Jardins-de-Napierville (CLD), qui est de reconnaître les efforts des producteurs qui réduisent leur utilisation de pesticides.

Le PELI a pour mission de promouvoir les méthodes alternatives aux pesticides dans la lutte aux ennemis des cultures, ce que l’on appelle la lutte intégrée.

Doté d’un budget total de 125 M$, pour les cinq premières années, ce Plan vise à encourager la recherche et l’utilisation de méthodes alternatives aux pesticides, dans le but de protéger la santé et l’environnement.

Efforts de sensibilisation

En 2019, les membres du PELI ont déployé de nombreux efforts pour sensibiliser les élus lors de la visite, dans la région, du ministre de l’Agriculture André Lamontagne et de la ministre de la Santé de l’époque, Danielle McCann, de même que des membres de la commission parlementaire portant sur les pesticides.

Plus tard la même année, des membres du PELI ont participé à cette commission parlementaire. Ils avaient alors souligné les nombreux défis à l’adoption de pratiques alternatives aux pesticides dans les champs.

Ils avaient aussi réclamé des députés un appui financier pour favoriser l’adoption de la lutte intégrée et pour stimuler la recherche et le transfert de connaissance au sujet des alternatives aux pesticides qui sont efficaces et rentables.

«Ces efforts ont porté fruit, comme en témoigne l’adéquation entre les recommandations du PELI et les moyens ciblés dans le Plan d’agriculture durable», se réjouit Michel Charbonneau, directeur général du CLD.

Un plan de 125 M$

Outre les 70 M$ annoncés pour rétribuer les agriculteurs qui surpasseront les exigences en matière environnementale, le Plan d’agriculture durable 2020-2030 présenté par le gouvernement du Québec prévoit l’investissement d’une somme de 55 M$ pour le développement et le transfert de connaissances, ce que réclamait aussi le PELI.

Au final, ce Plan doté d’une enveloppe totalisant 125 M$, pour les cinq premières années, se décline en cinq principales mesures, soit la rétribution des efforts déployés par les agriculteurs et la création d’un partenariat de recherche pour le développement des connaissances. Il y aura aussi la mise en place de modèles propices au transfert des connaissances, la création d’un parcours de formation continue à l’Institut de technologie agroalimentaire et la révision du Programme services-conseils pour faciliter le travail des agronomes.

«Comme le ministre Lamontagne l’a demandé dans son annonce, nous allons nous approprier ce plan et travailler de concert avec le gouvernement et les entreprises agricoles afin de faciliter la transition vers une agriculture plus écologique, tout en renforçant le lien de confiance entre les agriculteurs et le grand public», assure Isabelle Matteau, coordonnatrice du PELI.

Les objectifs du Plan d’agriculture durable d’ici 2030

  • Réduction de 500 000 kg des pesticides de synthèse vendus.
  • 75 % des superficies cultivées seront couvertes l’hiver par des cultures ou des résidus de cultures pour améliorer la conservation des sols.
  • Réduction de 15 % des apports de matières fertilisantes azotées sur les superficies en culture.
  • Réduction de 15 % de la concentration en phosphore total des cours d’eau.
  • Doubler les superficies agricoles aménagées pour favoriser la biodiversité.
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