Les agriculteurs invités à aider le peuple ukrainien

Gilles -Lévesque

Les agriculteurs invités à aider le peuple ukrainien
Normand Gagnon, un producteur de cultures commerciales du secteur L'Acadie, pose fièrement devant ce drapeau ukrainien qu'il a installé en début de semaine. (Photo : : Le Canada Français - Jessyca Viens Gaboriau  )

Les agriculteurs de la région et de l’ensemble du -Québec ne resteront pas les bras croisés devant les horreurs de la guerre qui sévit en -Ukraine. D’autant plus qu’ils se sentent interpellés par les durs moments que vont traverser leurs confrères dont les terres occupent près de 70 % du territoire.

Normand -Gagnon, un producteur de cultures commerciales de L’Acadie bien connu pour son militantisme et ancien président de la -Fédération de l’UPA de -Saint-Jean-Valleyfield est à l’origine d’une résolution adoptée par le -Syndicat de l’UPA du -Haut-Richelieu à l’occasion de son assemblée générale annuelle qui a eu lieu le 9 mars, à -Mont-Saint-Grégoire.

« -Nous avons pris la décision de demander à nos instances d’envoyer un message de support officiel à l’Ukraine et de faire un don à ce pays dévasté par la guerre. Nous demandons aussi à l’UPA de mettre en place une plateforme permettant aux producteurs de faire des dons », de préciser -Normand -Gagnon, tout en mentionnant qu’il allait installer le drapeau de l’Ukraine devant son entreprise, sur le -Chemin des -Patriotes ouest.

Où donner

Caroline -Charron, conseillère à l’aménagement pour l’UPA de la -Montérégie, invite les producteurs agricoles de la région à faire un don à la -Croix-Rouge à l’adresse suivante : www.croixrouge.ca. À ce jour, cet organisme a déjà recueilli la somme de 10 M$. Le gouvernement fédéral s’est de son côté engagé à égaler tous les dons qui seront faits à la -Croix-Rouge jusqu’à concurrence de 30 M$.

Normand -Gagnon met au défi les producteurs agricoles du -Québec de donner 1 M$ à cet organisme d’entraide pour soutenir leurs confrères ukrainiens. La population est aussi invitée à faire preuve de générosité.

L’agriculture en -Ukraine

Dans un éditorial publié dans -La -Terre de chez nous, le 11 mars, le président de la -Confédération de l’UPA, -Martin -Caron, dresse un portrait du secteur agricole en -Ukraine, tout en exposant des répercussions possibles pour le reste du monde. En voici de larges extraits.

« -Pour les agriculteurs de l’Ukraine, l’avenir s’avère plus sombre que jamais. Vaguer à ses occupations quotidiennes, alors que des blindés russes sillonnent les campagnes et que l’issue du conflit est incertaine, est une expérience presque inimaginable pour nous. C’est pourtant leur quotidien.

« Sachant que les céréales sont à la base de l’alimentation, l’importance de la -Russie et de l’Ukraine sur l’échiquier mondial assure des répercussions majeures sur l’agriculture et l’alimentation partout sur la planète, -enchaîne-t-il. Ces deux pays représentent 29 % des exportations mondiales de blé. Le drapeau ukrainien, avec sa bande bleue et sa bande jaune, symbolise d’ailleurs le ciel et les champs tapissés de blé. L’Ukraine est aussi l’un des principaux exportateurs mondiaux de maïs, d’orge et de plusieurs autres céréales. »

Incidence directe

M. Caron fait valoir que l’interruption de la production et des exportations, jumelée à des récoltes moindres dans plusieurs pays de l’hémisphère sud, un marché inflationniste et une demande mondiale croissante, a une incidence directe sur la valeur des denrées. Elle atteint ces -jours-ci des sommets inégalés depuis la crise alimentaire de 2008.

Le président de la -Confédération de l’UPA ne cache pas que la sécurité alimentaire de millions de personnes est compromise, plus particulièrement celles vivant dans des pays où l’inflation est déjà élevée.

Tout en disant y voir une occasion en or pour le -Canada de remplacer la -Russie sur les marchés mondiaux, M. Caron préfère rester prudent relativement à cette perspective. « Pour des raisons évidentes, l’augmentation du prix des céréales aura des répercussions sur le secteur de l’élevage », de conclure M. Caron, tout en disant s’inquiéter de l’impact sur les coûts de production qu’aura la flambée des prix du pétrole.

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