Les paniers bio gagnent en popularité

Les paniers bio gagnent en popularité
Depuis 3 ans

De plus en plus d’agriculteurs offrent des paniers de légumes biologiques au Québec.  Cette pratique permet aux citoyens de soutenir les fermes locales offrant des produits frais, produits dans le respect de l’environnement, et qui leur sont livrés chaque semaine à un point de chute prédéterminé.

Jean-Philippe, de la ferme Au potager du paysan, située à St-Rémi, porte un étonnant aptonyme, un nom de famille prédestiné : Poussard.  Depuis 3 ans, M. Poussard et sa conjointe, Marielle Joanisse, font partie du réseau ASC, coordonné par Équiterre. 

«Pour une deuxième année, nous offrons aux citoyens de Napierville un point de chute à la Caisse populaire.  En nouveauté, nous offrons maintenant à la population de St-Rémi la possibilité de s’abonner aux paniers de légumes biologiques que nous livrerons à domicile, expliquent-ils.  Autre nouveauté, nous aurons aussi un point de chute à St-Constant, plus précisément à la gare Ste-Catherine du train de banlieue.»  

Jean-Philippe et Marielle font partie des agriculteurs de la relève qui sont désireux de faire les choses autrement.  Le réseau ASC leur permet d’offrir des légumes de grande qualité directement à leur communauté. 

«Pour nous, qui sommes en démarrage d’entreprise, ce type de marché est le plus approprié.  Nous avons étudié dans ce domaine et on a décollé tout seul à notre compte.  Je suis né à St-Rémi, mais mes parents ne sont pas agriculteurs», explique Jean-Philippe.

 L’entreprise se développe bien depuis ses débuts et d’année en année et elle compte toujours davantage de clients, que l’on nomme «partenaires» dans ce contexte. 

«Chaque année, on a presque doublé notre clientèle, explique M. Poussard.  En 2010, nous avions 120 partenaires.  En 2012, nous en avions 275, dont 45 à Napierville.  Certains venaient même de Clarenceville pour récupérer leur panier de légumes bio.  En 2013, on vise 350 partenaires.»

Offrir de la diversité

Participer à l’ASC, c’est aussi favoriser la diversité dans notre assiette et ça peut nous permettre de faire certaines découvertes.

«Un des impacts de l’industrialisation de l’agriculture, c’est que certaines variétés de légumes plus capricieuses sont délaissées, au profit de variétés qui se produisent mieux, estime M. Poussard.  Nous, on fait beaucoup de variétés ancestrales et on est très minutieux dans notre production.   On produit 12 sortes de laitue, du panais, du chou-rave, des carottes nantaises fraîches, du céleri-rave, etc.  Dans chaque panier, on distribue le Mot de la semaine où on propose des recettes à faire avec les légumes que le panier contient.  Un des avantages, c’est qu’ainsi, on évite les monocultures et donc nos cultures sont moins vulnérables face aux insectes ravageurs.»

«Nous produisons plus de 60 variétés de légumes pour offrir de la diversité.  Toutes les semaines, il y aura entre 8 et 12 légumes différents dans le panier, en fonction de la période de la saison.  En début de saison, les gens recevront davantage de la laitue, du brocoli, des oignons verts, des concombres, etc.  En mi-saison, le panier est beaucoup plus complet avec des tomates, des poivrons, des cerises de terre, des melons, des aubergines, etc.  Finalement, en fin de saison, ils auront droit aux courges d’hiver, aux poireaux et aux légumes racines que sont les oignons, les pommes de terre, les betteraves, etc.», explique M. Poussard.

Les avantages du panier bio

«Le système des paniers bio présente plusieurs avantages.  Pour le consommateur, cela permet de se procurer des produits d’une fraîcheur optimale puisque la plupart des légumes seront récoltés le jour même où ils seront livrés.  Ça permet aussi d’encourager des fermiers locaux.  D’ailleurs, on peut aussi parler d’agriculture soutenue par la communauté (ASC), pour désigner de façon plus technique le système des paniers bio.  Finalement, la principale caractéristique de l’agriculture biologique, c’est que les agriculteurs ne font l’usage d’aucun produit chimique synthétique», explique Alexandre Bancarel, qui est chargé de projet du réseau ASC chez Équiterre.

«Il y a aussi des avantages pour l’agriculteur.  La production maraîchère permet de cultiver une plus petite surface.  La surface moyenne des membres du réseau ASC est de 4 hectares.  C’est définitivement un avantage quand on démarre.  De plus, les consommateurs s’engagent et payent en début de saison, ce qui assure une stabilité dans les revenus pour les agriculteurs.  Finalement, comme les légumes sont livrés directement à partir de différents points de chute, cela permet aux fermiers d’éviter les intermédiaires.  Ainsi, l’ensemble du prix du panier revient au producteur, ce qui leur procure de meilleurs revenus», poursuit M. Bancarel.

Équiterre a mis sur pied le réseau d’agriculture soutenue par la communauté en 1995.  Il s’agissait alors d’un projet pilote auquel une seule ferme participait.  En 2000, 46 fermes qui participaient au réseau ASC.  Aujourd’hui, c’est plus d’une centaine d’agriculteurs du Québec qui offrent des paniers bio à travers le réseau ASC, dont 27 en Montérégie, qui est la région qui rassemble le plus grand nombre de ces producteurs.  Fait à noter, la première ferme qui a participé au projet-pilote en 1995 fait toujours partie du réseau 18 ans plus tard.

Le réseau ASC d’Équiterre regroupe la majorité des agriculteurs qui offrent des paniers bio.  «Avec le réseau, on est sûr que les produits sont locaux.  Les participants doivent signer une charte et ils doivent respecter certains principes.  Le réseau apporte une sécurité au consommateur.  Il assure la provenance locale des produits et il assure aux consommateurs que les légumes sont biologiques puisque les fermes qui participent au réseau sont contrôlées par des organismes certificateurs», soutient M. Bancarel.

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