Les pharmaciens concluent une entente de principe

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Par Valerie Legault
Les pharmaciens concluent une entente de principe

«On est un pont plus pratique qu'avant entre le patient et le médecin»

Santé – Ils réclamaient depuis longtemps un rôle plus important dans le système de santé. Après trois ans d’attente, les pharmaciens peuvent maintenant aider leur clientèle à soigner des problèmes de santé mineurs, ce qui devrait éviter des visites à l’urgence pour plusieurs personnes.

Depuis le 13 juin, les pharmaciens peuvent prescrire un médicament sans qu’un diagnostic médical soit requis pour la diarrhée du voyageur (tourista), la prévention du paludisme (malaria), les nausées de grossesse, la cessation tabagique et la contraception orale temporaire.

Une personne souffrant d’eczéma, d’une infection urinaire, d’une vaginite à levure ou d’un feu sauvage peut réclamer l’aide de son pharmacien, à condition que son problème ait récemment fait l’objet d’un diagnostic médical. Par exemple, un pharmacien ne pourra prescrire un antibiotique pour une infection urinaire si la dernière remonte à plusieurs mois, voire plusieurs années.

En revanche, il sera désormais possible de demander la prolongation d’une ordonnance directement au pharmacien en attendant sa prochaine visite chez le médecin. Sans remplacer ce dernier, «on est un pont plus pratique qu’avant entre le patient et lui», se réjouit Philip Morgan, copropriétaire des deux pharmacies Jean Coutu à Saint-Jean-sur-Richelieu et membre du conseil d’administration de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires.

«Ces actes vont nous aider à avoir un impact sur la vie des gens. J’ai commencé à en faire avec une certaine prudence, avoue M. Morgan. L’important, c’est d’y aller lentement pour bien faire les choses.»

Règlement partiel

Catherine Plamondon, pharmacienne à Lacolle et Hemmingford, se réjouit de l’entente de principe tout en y apportant une certaine nuance. «Ça règle une partie de ce je dénonce, mais nous perdons toujours de l’argent à cause des coupures dans nos honoraires», dit-elle.

Les bénéfices restent néanmoins «formidables» dans des petites municipalités comme Lacolle, où un médecin est parti à la retraite récemment.

«Le défi consistera à tout mettre ça en place, dit-elle. Ce sera un défi intéressant pour l’exercice de notre profession. Nous le faisons pour aider les gens.»

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