Louis Cyr, l’homme le plus fort de tous les temps

Marilou -Desnoyers

Louis Cyr, l’homme le plus fort de tous les temps
Décédé le 10 novembre 1912, Louis (Cyprien Noé) Cyr, le prodige natif de Saint-Cyprien-de-Napierville, n'aura finalement jamais rencontré son égal.  (Photo : : A. J. Rice, Laprés & Lavergne)

Histoire. Le 10 octobre 1863 naissait -Louis -Cyr à -Saint-Cyprien–de-Napierville. Deuxième d’une famille qui comptera -dix-sept enfants, celui qu’on connaît aujourd’hui comme l’homme le plus fort de tous les temps est baptisé « -Cyprien -Noé », au lendemain de sa naissance.

Il conservera d’ailleurs ces prénoms jusqu’aux environs de 1880. À ce moment, lui et sa famille s’étaient exilés à -Lowell, dans le -Massachusetts, attirés comme bien d’autres -Canadiens français par l’espoir d’une vie meilleure.

Devant la difficulté des anglophones à prononcer correctement son nom de baptême, il le troquera par commodité pour celui de « -Louis ». C’est sur la terre familiale de -Napierville que -Cyprien -Noé (Louis) réalise ses premiers exploits.

Ces prouesses demeureront d’ailleurs légendaires dans sa paroisse natale où l’on se targuera avec ostentation des performances de l’athlète. L’été des huit ans de -Cyprien -Noé, son père, -Pierre -Cyr, lui demande de retrouver l’un de leurs veaux s’étant échappé de l’étable.

Le jeune garçon trouve finalement la bête empêtrée dans la boue d’un large fossé. Déjà doué d’une force prodigieuse, -Cyprien -Noé hisse sans difficulté l’animal blessé sur son dos.

Puis, il transporte le veau d’une traite sur la distance d’un arpent et demi qui le séparait de sa demeure. C’est sous le regard éberlué de sa famille que celui qu’on nommera plus tard le « -Samson canadien » revient victorieux à la ferme, son précieux chargement sur les épaules.

Moulin -McGinnis

En septembre 1878, -Cyprien -Noé accompagne pour la première fois son père au marché de -Saint-Jean. Le jeune homme, dont l’univers se limitait jusqu’alors aux seuls environs de sa paroisse, revêt ses habits du dimanche pour l’occasion.

Le père et le fils doivent d’abord effectuer un premier arrêt au moulin -McGinnis de -Saint-Athanase. Cet ancien moulin, aujourd’hui disparu, était situé sur le flanc est de la rivière -Richelieu, non loin d’où sera plus tard érigée la maison provinciale des -Frères maristes.

C’est dans ce moulin à farine, actionné par la force du -Richelieu, que les -Cyr vont faire moudre leur grain avant d’aller l’écouler sur la place du marché. Notons que ce bâtiment avait d’ailleurs été sauvé d’un incendie qui décima en décembre 1862 deux autres moulins (à scie et à carde) appartenant au même propriétaire.

Exploits

Une fois arrivé au moulin -McGinnis, -Pierre -Cyr entend des hommes parier sur qui serait capable de soulever d’un seul coup douze minots de grain sur son dos. On vante alors les exploits d’un certain -Vital -Guérin qui, -dit-on, en aurait déjà charrié pas moins de quinze.

Pour faire plaisir à son père, -Cyprien -Noé accepte de relever le défi. S’il gagne le pari, les -Cyr pourront repartir avec le grain qu’il aura réussi à soulever. Il n’en faut pas plus pour que l’adolescent qui pèse alors plus de 160 livres s’exécute.

C’est avec aisance qu’il soulève les quinze minots de grain placés sur une porte d’écurie, puis qu’il déplace ensuite la charge (environ 1000 livres) sur une distance de quinze pieds ! -Fort comme trois hommes, -Cyprien -Noé, 14 ans, en impressionne plus d’un et se forge dès lors une réputation d’Hercule.

Circulant ensuite dans -Saint-Jean, -Pierre -Cyr et son fils croisent quelques matamores qui tentent de soulever par la flèche (timon) une voiture lourde d’environ 1100 livres. Mis au défi une nouvelle fois, -Cyprien -Noé lève sans peine la charge et réalise un nouvel exploit.

-Saint-Jean

Le samedi 23 février 1889, celui qu’on nomme désormais -Louis -Cyr était de passage à -Saint-Jean–sur-Richelieu. La veille, on pouvait lire dans les pages du -Franco-Canadien que les poids de l’athlète seraient exposés à l’hôtel -Dandurand, sise au coin de la rue -Champlain et de la -Place du -Marché.

Les curieux étaient donc conviés à l’hôtel -Union, propriété de -Hormidas -Cyprien -Dandurand, afin d’examiner gratuitement les charges que le -Samson canadien utiliserait pour exécuter ses tours de force. Cyr se tiendra d’ailleurs dans cet établissement durant quelques jours, offrant en vente « son portrait le représentant avec son haltère de 245 lb au bout du bras ».

Louis -Cyr offrit une soirée très attrayante à une foule conquise. En outre, ce personnage flamboyant, devenu l’homme le plus fort du -Canada depuis sa victoire contre -David (Baby) -Michaud en 1886, était, -dit-on, doublé d’un talent d’équilibriste.

Marché

Le mercredi 13 août 1890, -Louis -Cyr vint cette fois exhiber sa force herculéenne à l’édifice du marché de -Saint-Jean, aujourd’hui le -Musée du -Haut-Richelieu.

Le -Franco-Canadien offrit dans son numéro du lendemain, une première description du fameux « numéro de l’échelle », un tour où -Cyr prenait lestement de ses deux mains, puis déposait sur son menton une échelle de six pieds où était juchée sa femme -Mélina.

Dès 19 heures, une foule nombreuse vint se masser dans la grande salle du marché, les sièges réservés s’envolant au prix de 25 cents. La salle fut rapidement comble, si bien que près de la moitié de l’auditoire dut demeurer debout.

À 20 h précises, le rideau se leva, dévoilant l’Hercule moderne, tout sourire, soulevant à l’aide d’un seul doigt, un haltère de 245 livres, auquel il ajouta un poids de 151 livres ainsi qu’un jeune homme de 85 livres. L’assistance éclata en applaudissements devant cette véritable force de la nature.

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