Saint-Jacques enfin connectée au monde

Grâce à un investissement de 1M$, 100% du territoire de Saint-Jacques-le-Mineur sera desservi dès l’automne prochain par Internet haute vitesse. Un outil jugé essentiel par plusieurs entrepreneurs de la région, pour qui l’autoroute électronique joue un rôle capital dans le développement des affaires.

Dans un an, près de 300 portes, en zone rurale, viendront s’ajouter aux 341 qui sont déjà branchées au réseau Internet haute vitesse (IHV).  Grâce aux 45 km de fibre optique qui seront déployés, 100% du territoire sera désormais couvert, un projet financé par le gouvernement du Québec et Déry Télecom, le câblodistributeur qui dessert déjà le milieu urbain de la municipalité.

L’aide financière versée par le gouvernement du Québec provient du Programme Communautés rurales branchées.  Quelque 400 000$ ont été versés directement au câblodistributeur, qui finance le projet à hauteur de 500 000$ et qui demeurera propriétaire des infrastructures de télécommunication déployées.

L’annonce a été faite par Lise Trottier, mairesse de Saint-Jacques-le-Mineur, lors d’une conférence de presse donnée en présence du ministre délégué aux Régions, Gaétan Lelièvre et Bryan Godbout, directeur général de Déry Télecom. 

Les entrepreneurs locaux se réjouissent

Les citoyens se réjouissent de l’annonce de l’arrivée d’IHV dès l’automne 2014 et plus particulièrement les entrepreneurs pour qui Internet est devenu un outil essentiel.

C’est notamment le cas de Nicole Lussier, une des actionnaires de l’atelier Peterbilt, qui s’est installé à Saint-Jacques-le-Mineur depuis moins d’un an.  «La première chose qu’on fait, s’est de se brancher les moteurs sur Internet, explique-t-elle.  Internet est très important.  Le coffre d’outils, c’est l’ordinateur, mais présentement, le signal coupe tout le temps.»

Le système actuel n’est pas fiable aux dires du directeur de la succursale, Pierre Breault.  «On doit avoir accès aux mises à jour par Internet, dès qu’il y a de la pluie, des nuages, s’il vente, il y a toujours des coupures.  Même le téléphone coupe.  Ça ralentit le travail.»

Yvan Quirion, propriétaire du vignoble le Domaine St-Jacques, a lui aussi salué la venue d’IHV.  Les problèmes de communication causés par un service Internet déficient lui a déjà coûté cher par le passé.  «Il y avait un besoin urgent, mais on ne s’est pas rejoints.  On avait une place sur un cargo aérien pour exporter une palette de vin de glace vers le Japon, mais on a manqué la vente.  Ça représente une perte de 30 000$.»

Avec la venue d’IHV, M. Quirion compte même revoir son modèle d’affaires.  «On va être  capable d’avoir un modèle d’affaires pro-Internet et pro-réseaux sociaux plus dynamique.  En ce moment ça ne donne rien.  Ce n’est pas croyable d’être à 20 minutes du pont Champlain et de ne pas avoir IHV, se désole-t-il.  On a plutôt de la extra basse vitesse.  Je n’ai jamais été capable d’écouter un vidéo!»

Josiane Roy a même pensé quitter la municipalité pour s’installer ailleurs.  Elle a démarré une entreprise de communication, Girard-Roy Gestion et communication et elle soutient que 90% de son travail s’effectue sur Internet.  «Présentement, je travaille avec deux ou trois systèmes  d’Internet différents pour être sûre de ne jamais avoir de coupures.  Il arrive qu’on perde le signal jusqu’à trois fois dans une journée, entre 20 minutes et une heure.  Lorsque je travaille avec mon graphiste à distance et que je dois envoyer des fichiers très lourds, c’est vraiment un problème.» 

Une annonce qui fait des envieux 

Le ministre Lelièvre a rappelé l’importance pour les municipalités rurales d’être branchées à un réseau d’IHV.   «Notre gouvernement réitère sa volonté d’offrir à tous les citoyens  et à toutes les citoyennes du Québec un branchement à IHV afin qu’ils puissent compter sur cet outil indispensable dans le monde d’aujourd’hui, où le savoir ainsi que les technologies de l’information et des communications jouent un rôle de plus en plus stratégique dans le développement socioéconomique des territoires ruraux.»

Plusieurs élus de la MRC étaient présents lors de l’annonce et ils ont salué la ténacité de Mme Trottier pour voir aboutir son projet, dont les démarches ont été entreprises en 2010.  «L’annonce qui est faite aujourd’hui se voudra le levier qui contribuera à notre développement, a déclaré Mme Trottier.  Nous sommes heureux de la concrétisation de ce dossier et des possibilités que cela apportera au développement de nos entreprises.  L’annonce qui est faite aujourd’hui favorisera une ruralité moderne et prospère.»

Questionnée à savoir pourquoi Saint-Jacques-le-Mineur était la seule municipalité de la MRC à avoir obtenu des fonds provenant du Programme Communautés rurales branchées du gouvernement du Québec, Nicole Inkel, la directrice générale de la MRC a souligné que le branchement à IHV devenait incontournable.  «On va faire une préétude de faisabilité.  On va aussi faire un sondage pour savoir quelles municipalités veulent embarquer.  L’intention de la MRC est d’aller de l’avant avec un projet régional, mais pas à n’importe quel coût.

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