Une nouvelle Politique de développement social dans la MRC des Jardins-de-Napierville

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Par Jacques Larochelle
Une nouvelle Politique de développement social dans la MRC des Jardins-de-Napierville

C’est avec beaucoup de fierté que la MRC a lancé le 14 mars dernier sa toute nouvelle Politique de développement social. Le projet avait été lancé en octobre 2008 à la suite d’une résolution des onze maires de la MRC. Dans les mois suivants, un « Comité territorial permanent en développement social » a été créé. Ce comité, placé sous la responsabilité du CLD des Jardins-de-Napierville, a mené une vaste consultation ainsi qu’un forum public en novembre 2011. De cet exercice, le comité a pu identifier dix grands enjeux touchant l’avenir du développement social dans notre région. À la fin de l’année, le comité remettait son rapport, qui contient un plan d’action détaillé. C’est ce rapport, de 95 pages, que les maires viennent d’adopter avec enthousiasme. Dix grands enjeux Ce sont le vieillissement de la population; la détresse psychologique; la situation économique précaire; le développement des compétences; la participation au marché du travail; la sécurité alimentaire; la mobilité sur le territoire; l’accès au logement abordable; l’offre adéquate en loisirs, sports et culture; et le soutien communautaire. L’enjeu du vieillissement de la population est d’une importance capitale. En effet, d’une part, la population vieillit rapidement et on assiste à un exode des jeunes qui vont dans d’autres régions pour se trouver de l’emploi. Malgré tout, l’âge médian se situe à 40,3 ans. La région est donc la quatrième plus jeune au Québec. Le défi sera de garder les jeunes dans la MRC grâce à de nouvelles opportunités d’emploi. Au sujet de la détresse psychologique, c’est un phénomène qu’on ne voit pas clairement mais qui est très réel. Il y a une forte préoccupation pour les suicides et on constate une détresse certaine chez bon nombre d’agriculteurs. En fait, presque 51% des agriculteurs vivent une détresse psychologique grave, un taux deux à trois fois plus élevé que celui qu’on retrouve dans la population québécoise. C’est évident qu’il y a beaucoup de travail à faire pour réduire cette détresse. Au plan de la situation économique précaire, on note que 10% de la population de la MRC vit sous le seuil de faible revenu et que les femmes sont particulièrement pauvres. Aussi, on a constaté que le revenu d’emploi moyen est de 9000 $ inférieur à celui du reste de la Montérégie. C’est certain que la MRC va s’attaquer à ce problème. Sur la question du développement des compétences, on se surprend à constater que 37% de la population totale de la MRC est sans diplôme, contre 25% pour l’ensemble du Québec. On constate aussi qu’il y a beaucoup de décrochage scolaire chez les garçons (27% en 2010). C’est tout de même mieux qu’en 2009 alors que le taux a atteint 35%. Le décrochage est un peu moins pire chez les filles mais on déplore qu’il soit en augmentation (17% en 2010 contre 14% en 2009). Il y a donc bien des efforts à faire pour corriger la situation. Dans le dossier de la participation au marché du travail, on note que le taux de chômage atteint 10% dans la MRC. Pire encore, plus du tiers de la population est inactive alors qu’il y a un manque de main-d’œuvre qualifiée pour occuper les emplois disponibles. La majorité des emplois chez les hommes sont dans l’agriculture, la construction et le transport alors que les femmes sont surtout actives dans le secteur des services, de l’administration et de la restauration. En ce qui a trait à la sécurité alimentaire, le comité a constaté qu’il y a peu d’épiceries en territoire rural, qu’il n’y a pas de marchés publics, que le service de livraison est déficient et que l’accès aux services alimentaires est difficile à cause des lacunes du transport. Les groupes sociaux les plus vulnérables sont les familles à faible revenu, les personnes âgées, les personnes handicapées, les familles monoparentales et les prestataires de l’assurance-emploi. En outre, la malbouffe est omniprésente et il y a très peu de formation sur l’importance d’une saine alimentation. La mobilité sur le territoire est un problème majeur. Il n’y a pas de système de transport collectif, la circulation vers les grands centres est difficile et la mobilité à l’intérieur de la MRC est complexe. Une piste de solution pourrait être dans le covoiturage. L’accès à un logement abordable est un problème épineux car il y en a peu dans la MRC. Il existe un réel besoin pour la construction de logements sociaux. Pas moins de 77% des logements sont des maisons individuelles, ce qui ne laisse que 23% de logements en location. Dans le domaine de l’offre adéquate en loisirs, sports et culture, on constate qu’elle est incomplète et peu diversifiée. Et l’offre culturelle n’est pas structurée, sans compter qu’il n’y a aucune infrastructure culturelle comme, par exemple, une salle multifonctionnelle. On estime que les lacunes en loisirs, sports et culture ont un impact sur les jeunes, et aussi sur les jeunes familles. C’est certain qu’il y a du travail à faire de ce côté, ce qui fera d’ailleurs l’objet d’une Politique culturelle spécifique dans les prochains mois. Enfin, au chapitre du soutien communautaire, le comité a constaté un essoufflement au sein des organismes et du réseau de bénévoles. Et les besoins sont accrus alors que le financement est de plus en plus difficile. Les consultations publiques ont permis de constater qu’il y a une prise de conscience à ce sujet et que de sérieux efforts devront être consentis pour améliorer la situation. Passer à l’action Une fois les problèmes identifiés, il fallait développer un plan d’action. Le comité a donc préparé plusieurs pistes d’action dans chacun des dix grands enjeux. Ainsi, il s’agira de développer des alliances avec tous les acteurs concernés (communautaire, santé et services sociaux, municipal, éducation), d’attirer plus de bénévoles et de consolider le financement des organismes du milieu dans le secteur du soutien communautaire. Au plan de la sécurité alimentaire, on suggère la mise sur pied de groupes d’achat de fruits et légumes entre autres, et la sensibilisation publique à une saine alimentation, notamment en multipliant les ateliers de cuisine et les initiatives de cuisine collective. Pour mieux développer les compétences et contrer le décrochage scolaire, plusieurs idées sont proposées, notamment la sensibilisation des employeurs à l’importance de la formation, la valorisation de la formation professionnelle auprès des jeunes, et une meilleure concertation entre tous les partenaires de l’éducation. Pour réduire la détresse psychologique, il y a lieu de poursuivre les partenariats entre les organismes communautaires et les services de santé, et de mieux faire circuler l’information sur les services disponibles. Cette poursuite des partenariats est également importante dans le domaine de la lutte à la précarité économique. Il faut de la concertation de tous les milieux impliqués. Cela peut aussi s’appliquer au domaine de la participation au marché du travail où il faut soutenir les organismes oeuvrant à l’insertion socioprofessionnelle. Quant à la mobilité sur le territoire, on veut promouvoir le covoiturage et convaincre les élus et les gouvernements de travailler à trouver des solutions concertées, pas seulement des projets pilotes. Pour l’accès au logement abordable, il s’agit de convaincre les constructeurs de développer une offre de logements abordables. Cela peut se faire par le biais d’une concertation entre les municipalités, les constructeurs et les gouvernements provincial et fédéral. Dans le cas du vieillissement de la population, on parle aussi de la nécessité de construire des projets adaptés aux besoins des personnes âgées, de développer le concept du vieillissement actif, et de favoriser les liens entre les générations. Enfin, dans le secteur des loisirs, des sports et de la culture, on estime important de développer des partenariats entre les municipalités afin de bonifier l’offre d’infrastructures et de services, ainsi qu’avec les commissions scolaires afin de partager les équipements sportifs et culturels. Une permanente Maintenant que le rapport a été déposé et que la Politique de développement social a été adoptée, il faut s’assurer que le travail est effectivement fait. C’est pour cela que le CLD des Jardins-de-Napierville a embauché une permanente, Sonia Dumais, qui porte le titre de « Agente de soutien au développement social ». Aussi, des projets pour une valeur d’environ 800 000 $ sont déjà en marche grâce à des fonds fournis par la CRÉ Vallée-du-Haut-St-Laurent, du CLD et de la MRC. Cet argent sera utilisé pour faciliter la réinsertion sociale des jeunes et pour renforcer la lutte contre la pauvreté. D’autres projets sont à l’étude. Et le comité mis sur pied pour élaborer la politique va continuer son travail. Bref, ça va bouger dans la MRC! Le comité permanent Notons en terminant que le Comité territorial permanent était composé de Michel Charbonneau, directeur général du CLD des Jardins-de-Napierville, Nicole Inkell, directrice générale de la MRC, Clément Bergeron, de la CRÉ Vallée-du-Haut-St-Laurent, André Caron, du CSSS Jardins-Roussillon, Louis Tondreau d’Emploi-Québec, Sylvie Rémillard, directrice générale de Sourire sans Fin, Nicole Malo, de la Corporation de développement communautaire des Jardins-de-Napierville, Marie-Louise Kerneis de la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries, et Pierre Gloutnay, de la Commission scolaire New Frontiers.

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