Napierville et Saint-Cyprien: un nouveau camion pour le service des incendies

SÉCURITÉ – Le service de sécurité incendie (SSI) de Napierville – Saint-Cyprien a récemment fait l’acquisition d’une autopompe à la fine pointe de la technologie. Acquis au coût de plus de 541 000 $, ce véhicule permet aux pompiers d’être plus efficaces lorsqu’ils combattent un incendie.  

Cinq pompiers ont formé un comité pour élaborer les devis de construction et décider des options dont serait munie cette autopompe. Deux fournisseurs ont déposé une soumission, dont une a dû être rejetée puisqu’elle n’était pas conforme. Le véhicule de marque E-One Typhon a été retenu au coût d’environ 592 000 $, montant auquel on retranche environ 50 000 $, ce qui représente le remboursement d’une partie des taxes auquel le SSI a droit.

Parmi la vingtaine de municipalités qui font partie de l’entente d’entraide mutuelle des Grandes-Seigneuries, seules Delson et Châteauguay possèdent un équipement semblable.

Remplacement

Cette autopompe 2017 porte le numéro 234. Elle remplace l’ancien camion numéro 234, datant de 1993 et qui porte désormais le numéro 334. Ce dernier continuera d’être utilisé par les pompiers à titre véhicule de réserve.

L’autopompe qui servait de réserve avant cette acquisition sera vendue entre 10 000 $ et 15 000 $. Avec ses 27 années de service et quelque 70 000 km au compteur, il n’était plus possible de trouver des pièces de rechange pour la réparer lorsque cela était nécessaire.

Les camions de réserve doivent répondre aux mêmes normes que les nouveaux véhicules. Si le SSI parvient à garder ses véhicules aussi longtemps, c’est qu’il répond à un faible nombre d’appels chaque année et que les camions sont très bien entretenus.

«On reçoit environ 250 appels par année, explique Patrick Gagnon, directeur du service des incendies de Napierville – Saint-Cyprien. C’est beaucoup moins qu’à la caserne de Montréal où je travaille aussi et où on reçoit 3600 appels par année.»

Programme

La bonne nouvelle pour les contribuables, c’est que grâce au programme de revitalisation de la flotte auquel adhèrent les deux municipalités, l’autopompe a été payée comptant. Ce programme est en place depuis 1999.

«Chaque année, on met 25 000 $ par municipalité dans une enveloppe pour l’achat de véhicules, dit M. Gagnon. On n’a donc pas besoin d’un règlement d’emprunt et on ne paye pas d’intérêt.»

En vertu de ce programme, le SSI s’assure de toujours avoir un camion de moins de 15 ans pour la première attaque et un second du même type de moins de 30 ans, en réserve. «Chaque véhicule est doté d’une date de péremption en fonction de nos besoins», précise M. Gagnon. La nouvelle autopompe 2017 sera donc en service jusqu’en 2047.

Ce mode de fonctionnement permet au SSI d’obtenir plus d’options sur ses véhicules pour moins cher, en raison des économies réalisées en ne payant pas d’intérêt. C’est l’une des raisons qui expliquent pourquoi le SSI de Napierville – Saint-Cyprien se démarque avec un coût moyen par habitant de 108 $, contre 128 $ pour la moyenne de l’ensemble des municipalités de la MRC des Jardins-de-Napierville, révèle M. Gagnon.

«Les conseils municipaux de Napierville et Saint-Cyprien croient en la protection des citoyens. Ils ont les priorités à la bonne place.»

-Patrick Gagnon, directeur du service des incendies

Quelques caractéristiques de l’autopompe

Cette autopompe, dotée d’un moteur Cummings de 450 chevaux-vapeur, peut transporter six pompiers et son réservoir à une capacité de 3600 litres.

«Ça représente huit minutes d’autonomie en eau pour faire un sauvetage, une évacuation ou encore une attaque initiale», explique M. Gagnon.

Elle est munie d’un système de chauffage de capacité hivernale. «On a souvent des feux de grange ou de garage et on doit être là longtemps, dit M. Gagnon. Sans ce système, les vitres viennent embuées.»

Le véhicule est équipé d’un système d’éclairage télescopique de 12 volts à D.E.L. de 76 000 lumens, situé à l’avant et sur chaque côté. Cela facilite le travail des pompiers lorsqu’ils doivent intervenir lors d’un accident et que le véhicule impliqué est situé loin de la route, comme dans un champ, par exemple.

Le camion a une capacité de pompage de 2000 gallons à la minute. «On pourrait alimenter 10 lances à main de 100 gallons à la minute chacune et donc faire travailler 20 pompiers à la fois», précise M. Gagnon. Les bornes fontaine les plus puissantes offrent une capacité de pompage de 2000 gallons à la minute. Cette puissance est requise par le type de risques présents sur le territoire. «On a une voie ferrée où il passe environ 300 wagons par jour, rappelle M. Gagnon. On a aussi un parc industriel et un parc agricole. Pour sauver les fermes, ça prend un haut débit d’eau rapidement.»

Le double système d’amorçage permet au véhicule d’aspirer de l’eau dans son réservoir, tout en pressurisant les lances des pompiers, sans avoir à arrêter la manœuvre.

Le camion dispose aussi de mousse F500. «Ça permet d’encapsuler l’énergie et ça multiplie le pouvoir d’extinction de l’eau», explique M. Gagnon.

La cabine avant est faite d’aluminium, ce qui la rend résistance à la rouille. Quant au coffre arrière et au compartiment de la pompe, ils sont faits d’acier inoxydable. «C’est plus lourd, mais indestructible», assure M. Gagnon.

Enfin, une sortie d’attaque de 38 mm est située dans le parechoc avant du camion. Cela permet aux pompiers de se positionner à l’arrière d’un véhicule incendié sur l’autoroute, par exemple, et ainsi de protéger les sapeurs lors de leur intervention.